"Les ports flamands doivent anticiper une possible indépendance de l'Écosse"

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA) s’est rendu dimanche en Écosse, accompagné d’une délégation d'entreprises portuaires. Il s'agit de la première mission portuaire flamande depuis la sortie britannique de l'Union européenne. "Les ports flamands doivent déjà anticiper une éventuelle indépendance de l'Écosse", a déclaré lundi le ministre-président flamand (photo archives), à l'issue d'un entretien à Edimbourg avec la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

Le gouvernement nationaliste-écologiste de Nicola Sturgeon envisage un nouveau référendum d'indépendance en 2023. "Si l'Écosse devient indépendante dans quelques années, elle voudra entrer dans l'Union européenne au plus tôt", a fait observer Jan Jambon. "Dès lors, elle ne voudra plus faire passer ses exportations par l'Angleterre, mais les acheminer par bateau directement vers le continent. C'est une énorme opportunité qu'Anvers et Zeebrugge doivent déjà anticiper maintenant. Nos ports doivent être prêts à devenir à ce moment-là le partenaire principal des Écossais".

Le ministre-président Jambon conduit au Royaume-Uni une mission économique des ports flamands, qui passait ce lundi par Edimbourg, avant Liverpool, Londres et le port de Hull. Le Brexit a un impact sur les douanes: dès le 1er janvier prochain, tous les biens importés au Royaume-Uni devront être déclarés à leur arrivée. Quant au contrôle des denrées alimentaires, qui aurait déjà dû entrer en vigueur, il a été reporté à septembre 2022, indiquait Jeroen Sarrazyn, coordinateur Brexit pour les douanes belges.

Les doutes sur la capacité des Britanniques d'y parvenir grandissent et des blocages dus au Brexit pourraient encore survenir. La Flandre, quant à elle, dit avoir gagné 89 investissements depuis le Brexit. Il s'agit d'entreprises qui envisageaient d'investir au Royaume-Uni mais ont opté pour la Flandre, souvent des entreprises britanniques voulant sécuriser leurs activités en Europe en ouvrant une succursale ou un siège. Ces investissements s'élèvent à 2 milliards d'euros.

"Et nous pensons qu'il y aura encore plus d'opportunités économiques", déclarait l'échevine anversoise à la politique portuaire, Annick De Ridder (N-VA). "Voyez tous ces poids lourds qui passent par le tunnel sous la Manche. S'ils embarquaient plutôt sur un bateau et se dirigeaient vers nos ports, ils pourraient déclarer leur chargement six heures à l'avance et éviter une perte de temps".

Les plus consultés