Davantage d’ancienneté et de salaire pour combattre le manque d'enseignants

Le gouvernement flamand a validé vendredi un paquet de mesures destinées à pallier le manque d'enseignants dans les écoles néerlandophones du pays. Il comprend une majoration salariale pour les enseignants qui donnent davantage d’heures de cours et une plus grande ancienneté, pour rendre le métier plus attractif aux personnes qui optent pour l’enseignement. "Les enseignants méritent davantage de respect. Le métier attirera alors plus de candidats", estime le ministre Weyts (photo). Le paquet de mesures a été accueilli par des critiques de l'opposition. Ces petits "ballons" ne sont pas une véritable solution, estime la cheffe de groupe des socialistes au Parlement flamand. Le ministre Weyts "a oublié le chantier principal", celui des jeunes enseignants qui quittent rapidement la profession, accuse Johan Danen, député Groen.

Le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts a communiqué les mesures ce lundi. Elles comprennent une meilleure prise en compte de l'ancienneté - jusqu'à 10 ans plutôt que 8, dès janvier, et même 20 ans pour les matières plus pratiques - pour ceux qui viennent du privé et rejoignent l'enseignement dans les matières et postes "critiques", dont la liste est d'ailleurs étendue. On y ajoute biologie, chimie, physique, mais aussi économie, anglais, allemand et latin, et les postes de directeur d'école et de coordinateur ICT, notamment.

On va aussi permettre aux écoles primaires d'utiliser et de nommer des personnes possédant un diplôme de Master et présentant un certificat d'aptitude pédagogique, qui seront cependant payés au niveau bachelier. Les enseignants qui prennent à leur charge, de manière structurelle, des heures de cours supplémentaires, pourront aussi désormais prétendre à un supplément de salaire, ce qui n'était pas le cas. D'autres mesures donnent davantage de latitude aux écoles pour engager du personnel de soutien si elles ne trouvent pas d'enseignants pour les postes ouverts.

"Nous allons revaloriser le métier et la formation d’enseignant", clame le ministre Weyts. "Nous devons aussi revaloriser les enseignants-mêmes. Ils méritent davantage de respect. C’est à chacun de nous de le faire. Si les enseignants sont davantage respectés, plus de personnes opteront pour l’enseignement".

Dès l’an prochain, les écoles supérieures enverront des messages à tous ceux qui ont un jour suivi une formation d’enseignant et ne l’exercent pas/plus, afin de les encourager à revenir dans l’enseignement.

Syndicats et opposition très critiques

Les partis Vooruit et Groen, dans l'opposition, n'ont pas tardé à réagir ce lundi. "Cela semble une bonne idée à court terme que les enseignants qui débutent donnent davantage d'heures, mais nous savons qu'une grande part d'entre eux décroche déjà à cause de la charge de travail", pointe Hannelore Goeman, cheffe de groupe Groen au parlement flamand. "Mieux les accompagner et leur offrir une stabilité d'emploi est une meilleure solution à long terme, mais malheureusement on ne voit rien à ce sujet".

L'ancienneté mieux prise en compte pour les transferts depuis le privé, c'est une bonne chose, estime-t-elle, mais c'est insuffisant. "C'est bien trop peu pour faire la différence. Une personne de 45 ans perdra encore la moitié de son ancienneté et financièrement cela se sent. Il y a pourtant là un groupe intéressant, pour pallier le manque d'enseignants à court terme".

Depuis les rangs des Verts, on insiste aussi sur l'importance de garder les jeunes diplômés dans la profession. "C'est là qu'on peut obtenir le plus gros gain sociétal. On en fait bien trop peu actuellement", pointe l'élu Johan Danen ce lundi. Un jeune enseignant sur trois décrocherait dans les 5 premières années de sa carrière. Johan Danen propose lui aussi d'augmenter la sécurité d'emploi et l'accompagnement de ces jeunes. "Donnez-leur un statut spécifique, avec un accompagnement approfondi, un certain nombre d'heures de cours avec soutien des plus expérimentés".

Les syndicats socialiste et libéral estiment aussi que l’on fait trop peu actuellement pour garder les jeunes enseignants dans le secteur, en diminuant par exemple la pression de travail.

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