Tinne Van der Straeten face aux accusations de Bart De Wever : "Ce sont des propos d’un goût douteux"

Le ministre fédérale de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen) a appelé les hommes et les femmes politiques à discuter sérieusement de la question complexe de la sortie du nucléaire et de sa capacité de remplacement. Elle réagissait jeudi dans l’émission "Villa Politica" (VRT) aux critiques incessantes de sa politique par le président de la N-VA Bart De Wever et le président du MR Georges-Louis Bouchez. Ce dernier est d'ailleurs l'un de ses partenaires de coalition au fédéral.

Tinne Van der Straeten a-t-elle "acheté" Engie à coups de promesses de subsides pour de futures centrales au gaz afin de déclarer qu'un report de la sortie du nucléaire était impossible ? C'est ce qu'a affirmé jeudi matin le président de la N-VA, Bart De Wever, dans "De ochtend", sur Radio 1. Le président de MR, Georges-Louis Bouchez, a également déclaré hier qu'Engie Electrabel n'était pas un acteur neutre parce qu'il recevait des subventions tombant sous le CRM (mécanisme de rémunération de capacité) pour construire de nouvelles centrales au gaz.

Les déclarations de Bart De Wever dérangent particulièrement la ministre. "C'est certainement une déclaration d'un goût douteux et dans laquelle l'éthique fait cruellement défaut". Tinne Van der Straeten déclare faire de la politique d'une manière différente - et sérieuse. "Bart De Wever a de nouveau atteint un point très bas de la rhétorique", a-t-elle déclaré.
 

C'est un dossier sérieux et non un dossier de politique spectacle

"La question qui se pose aujourd'hui est celle de la sécurité d'approvisionnement du pays", a déclaré le ministre. "C'est un dossier sérieux et non un dossier de politique spectacle". Mme Van der Straeten affirme qu'elle est revenue en politique précisément pour remettre le dossier de l'énergie sur les rails. "Je sais ce qui peut être fait, je sais ce qui est possible. Ces dernières années, peu de choses ont bougé et il y a eu beaucoup de drames, alors que nous devons maintenant aller de l'avant."

Hier, Engie Electrabel a déclaré qu'une prolongation des deux derniers réacteurs nucléaires n'était plus possible aujourd'hui, mais Bart De Wever et Georges-Louis Bouchez continuent de le contester. "Engie est aujourd'hui l'opérateur des installations les plus complexes de ce pays : les centrales nucléaires", a répondu Tinne Van der Straeten. "Si quelqu'un sait comment les faire fonctionner, c'est bien Engie".

Mme Van der Straeten admet cependant qu'il n'y a pas de solution parfaite au dossier de l'énergie aujourd'hui, mais elle dit vouloir garantir absolument la sécurité de l'approvisionnement.
 

Egbert Lachaert : "La prolongation des centrales, un cadavre impossible à réanimer"

De son côté, le président des libéraux flamands, Egbert Lachaert, a estimé qu'"à un moment", il faut bien admettre qu'un cadavre est "mort" et qu'on ne peut plus le "réanimer", en évoquant le sort des centrales nucléaires et le récent courrier d'Engie au Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). La piste d'une prolongation in extremis de deux réacteurs au-delà de 2025, comme continue désespérément de le demander le MR, est bien une voie sans issue, si l'on en croit le message très clair de l'entreprise, indique le président de l'Open VLD.

"On pourrait en effet réfléchir à une prolongation de la durée de vie, et j'en étais partisan à un certain moment", admet-il. "Mais l'exploitant a donné une réponse extrêmement claire". Des tentatives désespérées de réanimation seraient "de l'acharnement thérapeutique", a-t-il poursuivi.

La position de l'Open VLD tranche avec celle du président des libéraux francophones, Georges-Louis Bouchez. "Je connais bien Georges-Louis, verbalement il est fort, et je comprends qu'il ait choisi une ligne pour continuer d'essayer, jusqu'au bout. Mais à un moment on doit arriver à la conclusion que ça ne marche pas", a expliqué Egbert Lachaert, toujours au micro de la VRT.

Le président des libéraux flamands a moins de compréhension pour Bart De Wever, le président de la N-VA. Egbert Lachaert souligne quant à lui qu'il s'agit d'assurer tous ensemble, "régional et fédéral, la sécurité d'approvisionnement".

Sinon c'est "criminellement irresponsable", pour reprendre les mots de De Wever. "Si son parti (la N-VA) ne veut pas participer à ça, autant être honnête avec les gens et dire que c'est un jeu politique qui t'intéresse, et pas la question de savoir si les habitants auront de la lumière".
 

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