Joris van Gennip

Un évènement-test démontre qu’il est quasi impossible de respecter la norme de CO2 dans les discothèques

Il est pratiquement impossible de rester en dessous de la norme CO2 fixée à 900 ppm (particule par million) dans les discothèques. C’est ce que démontrent les résultats de l'événement-test organisé au Versuz, une boîte de nuit de Hasselt, en présence de 1.400 personnes. "Cela ne compte pas seulement pour les discothèques et les clubs, mais aussi pour les restaurants, les cafés et les salles de classe", explique le professeur de physique du bâtiment à la KU Leuven et à la TU Eindhoven, Bert Blocken, qui plaide pour une réduction des concentrations d'aérosols par le biais de moyens de purification de l'air.

L'organisation sectorielle Horeca Vlaanderen et le Versuz de Hasselt ont organisé le 17 septembre un événement-test qui a accueilli quelque 1.400 fêtards. Leur Covid Safe Ticket (CST) en poche, ils ont été autorisés à retourner sur la piste de danse, sans masque. La discothèque était remplie à 60% de sa capacité et des capteurs avaient été installés pour cartographier le CO2, les concentrations d'aérosols et les performances de ventilation de l'espace. La norme CO2 fixée à 900 ppm a rapidement été dépassée.

"Je m'attendais à ce que ce soit pire en ce qui concerne le CO2. Il y avait 1.400 personnes dans un périmètre très réduit, mais le Versuz dispose d'un système de ventilation assez moderne qui garantissait que nous ne dépasserions pas 2.000 ppm", pointe M. Blocken. "À un moment donné, nous avons activé complètement la ventilation et ouvert les grandes lucarnes du toit. Nous avons pu descendre en dessous de 900ppm mais cela n'a été possible que parce que le taux d'occupation n'était que de 60%".

Ces mesures extrêmes sont toutefois déficitaires pour les boîtes de nuit et les clubs. "Une discothèque ne commence à faire des bénéfices qu'à partir de 75 à 80% d'occupation. Si cela ne fonctionne pas ici - avec une ventilation tournant à plein régime et les fenêtres de la toiture ouvertes - alors autant oublier pour de nombreux clubs et discothèques", poursuit M. Blocken. "Je ne pense pas qu'il y ait plus de 5% d'établissements dotés d'une meilleure ventilation que le Versuz. De nombreux endroits ne disposent même que d'une ventilation naturelle. Sans système de ventilation, on atteint facilement 7.000 à 8.000 ppm au bout de quelques heures".

Il semble donc que la norme CO2 fixée à 900 ppm soit pratiquement impossible à respecter pour le monde la nuit. Le professeur de physique du bâtiment plaide ainsi pour son abandon. "Ce sont les aérosols qui propagent le virus qui posent problème, pas le CO2", affirme M. Blocken. "Nous devrions donc nous pencher sur la purification de l'air. Cela aura un coût, bien sûr, mais jamais autant qu'un puissant système de ventilation."

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