Nicolas Maeterlinck

Une troisième manifestation contre l'obligation vaccinale et le CST traverse Bruxelles

Environ 3.500 personnes, selon un décompte de la police, sont descendues ce dimanche dans les rues de Bruxelles pour exprimer leur désaccord avec une obligation vaccinale et l'usage du Covid Safe Ticket (CST, le passeport sanitaire requis pour accéder aux établissements Horeca et événements culturels, notamment). Comme lors des deux précédentes marches, le 21 novembre et le 5 décembre, le cortège est parti de la gare du Nord pour rejoindre le parc du Cinquantenaire. Des incidents se sont à nouveau produits en fin de parcours, vers 16h15.

Les organisateurs ont, eux, avancé le nombre de 50.000 participants. Estimant que le décompte de 3.500 personnes avancé par la police de Bruxelles-Ixelles lors de la première manifestation était incorrect, ils ont décidé de déployer des caméras pour effectuer leurs propres calculs. Pour la première manifestation, ils avaient ainsi compté 76.000 marcheurs et marcheuses en s'appuyant sur les premières lignes et de la distance sur laquelle s'étendait le cortège le 21 novembre. Les deux premières manifestations avaient été émaillées d'affrontements avec les forces de l'ordre et de violences.

Le collectif Belgium United for Freedom, en tant qu'organisateur, s'était distancié mercredi des groupuscules extrémistes identifiés dans les rangs des manifestants lors des deux premiers marches et des casseurs. Pour garantir le caractère citoyen, pacifique et neutre voulu pour l'événement, le collectif a cette fois fait appel à un service de stewards afin de maintenir l'ordre au fil de la marche. Pour éviter tout débordement, la police a en outre contrôlé de nombreux passagers et passagères quittant la gare du Nord pour vérifier qu'aucun objet interdit ou dangereux n'était infiltré dans la manifestation.

Avant même que la manifestation ne démarre, 13 personnes ont ainsi été arrêtées. "Cinq d’entre elles ont fait l’objet d’une arrestation judiciaire en raison de récalcitrance et possession d’objets interdits", indiquait Ilse Van de keerde de la police bruxelloise.

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Les organisateurs réclament un débat citoyen

Comme en novembre et début décembre, des pompiers ont pris la tête du cortège pour s'ériger contre une obligation vaccinale. Pour Belgium United for Freedom, ce n'est pas la vaccination contre le Covid-19 qui pose problème, mais bien son caractère obligatoire pour le personnel des soins de santé. "Le CST aussi bafoue nos droits et libertés", avait déclaré mercredi son porte-parole, Sarkis Simonjan, remarquant que les personnes vaccinées obtiennent un CST qui leur permet d'accéder à différents lieux, alors que cela ne garantit pas qu'ils sont protégés contre une contamination.

Belgium United for Freedom demande à être entendu par le gouvernement et appelle celui-ci à mettre en œuvre un "débat citoyen", où les citoyens pourront exprimer leur mécontentement et leurs revendications. Le collectif laisse toutefois à l'appréciation des autorités les modalités de la consultation populaire réclamée. "Nous comprenons que la pandémie prévaut et que l'ennemi, c'est le virus", a pointé Sarkis Simonjan au départ de cette troisième manifestation. "Mais un débat doit être rendu possible sur la manière dont nous combattons ce virus. Avec les mesures en vigueur actuellement, le monde politique crée de la division, de la discrimination et de la paranoïa. Nous avons quelques idées et propositions mais, pour cela, le politique doit d'abord nous écouter. Nous descendrons dans la rue aussi longtemps qu'il le faudra pour qu'on nous écoute", a conclu le porte-parole de Belgium United for Freedom.

A Genk (photo), dans le Limbourg, une manifestation d'ampleur nettement plus limitée a également eu lieu ce dimanche, contre l'obligation vaccinale et le Covid Safe Ticket. Selon les organisateurs, elle rassemblait 500 personnes. La police en a compté 350.  

A nouveau des échauffourées à Bruxelles

En fin de parcours de la manifestation, de nouveaux heurts avec les forces de l'ordre se sont produits, comme lors des deux marches précédentes.

Vers 16h15, un petit groupe de casseurs s'en est pris à la police, lui lançant des pétards, des branches, des pavés et des bouteilles en verre. La police a répliqué avec du gaz lacrymogène, sans parvenir à calmer les esprits. Elle a finalement interpellé 55 personnes. 

Nicolas Maeterlinck

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