400.000 euros pour la recherche sur la péritonite infectieuse féline qui tue les chats

Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, investit 200.000 euros dans la recherche sur la péritonite infectieuse féline (FIP), l’une des causes les plus courantes du décès de chats. L’Université de Gand, qui effectuera la recherche, y consacre aussi 200.000 euros. Cette maladie se manifeste dans un premier temps comme une infection des intestins et se transmet entre chats via les excréments. Il s’agit d’une maladie due à un coronavirus félin, dont le pronostic est presque toujours fatal pour l’animal.

La FIP se propage avant tout dans des endroits où plusieurs chats vivent sous le même toit, comme des refuges pour animaux, des élevages et chez des particuliers qui ont plusieurs félins. Une contamination peut entrainer de la diarrhée, de la fièvre et mène presque toujours au décès de l’animal. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement spécifique pour cette maladie qui tue entre 1 et 5% des chats. C’est pourquoi le ministre flamand pour le Bien-être animal débloque 200.000 euros pour une recherche spécifique.

Elle sera attribuée au laboratoire de virologie de la faculté de Médecine animale de l’Université de Gand (Flandre orientale), dirigée par le professeur Hans Nauwynck. Pendant deux ans, le laboratoire analysera quelles variantes de la FIP circulent en Flandre, quelles mutations affectent le coronavirus félin et quelles mesures sont les plus appropriées pour contrecarrer la propagation de ce virus.

Des refuges pour animaux, des éleveurs et des particuliers seront également impliqués dans cette recherche scientifique. L’Université de Gand débloque d’ailleurs elle aussi 200.000 euros pour mener à bien ce projet. "En Flandre, nous voulons être précurseurs en matière de bien-être animal, aussi dans le domaine scientifique", explique le ministre compétent Ben Weyts.

"Le laboratoire du professeur Nauwynck est l’un des meilleurs au monde. S’il y a des scientifiques qui sont capables d’arrêter la propagation de la maladie qui tue les chats, ce sont bien ceux de ce laboratoire gantois", concluait le ministre Weyts.

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Pas encore de vaccin

Hans Nauwynck mène depuis 20 ans déjà une recherche sur la péritonite infectieuse féline. Il espère que les fonds supplémentaires mis à sa disposition par le gouvernement flamand et son université permettront d’éradiquer la maladie. "L’argent sera notamment utilisé pour tenter de développer un médicament qui permette d’attaquer le virus dans les refuges pour animaux. Nous espérons pouvoir délivrer, à terme, un certificat lors de l’achat d’un jeune chat qui garantisse qu’il n’a pas la FIP".

Pas facile de faire de la prévention contre ce virus, souligne le professeur. "Actuellement, nous ne sommes pas encore parvenus à créer un système immunitaire par le biais d’un vaccin. Chaque vaccin développé jusqu’à présent a eu l’effet contraire, à savoir activer le processus. Nous ne parviendrons à éradiquer le virus que via de bonnes actions préventives et une médication".

Hans Nauwynck est ravi de recevoir un budget de recherche, car il n’est pas aisé d’obtenir de l’argent pour la recherche vétérinaire. "Et pourtant, les maladies les plus dangereuses proviennent justement des animaux. Il faudrait donc soutenir la virologie vétérinaire. Le manque de subsides est tel que beaucoup de spécialistes passent de la virologie vétérinaire à la virologie humaine, parce qu’ils peuvent y réaliser davantage. Quand on parle d’une "santé globale", on oublie celle des animaux. C’est très frustrant", souligne le professeur de l’UGent.

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