En phase d'urgence des hôpitaux due à Omicron, les patients Covid n'auront plus de lits réservés

Si le variant Omicron du Covid-19 en vient à complètement perturber les soins et submerger les hôpitaux de nouvelles admissions, les patients traités pour le coronavirus n'auront plus la priorité. C’est ce qui ressort d'un plan d'urgence pour les hôpitaux du service public fédéral Santé publique, rapportent les journaux du groupe Mediahuis ce mardi. En cas de phase d’alerte suprême, on se focalisera sur les soins les plus urgents.

Un comité spécial du service public fédéral Santé a mis sur pied un plan d'urgence pour se préparer au scénario du pire en cas de vague sans précédent de contaminations au variant Omicron. Ce mardi, cette commission "Hospital & Transport Surge Capacity" doit peaufiner le plan avant de le communiquer plus largement au secteur.

Selon le président de ce comité, Marcel Van der Auwera, "nous avions déjà évoqué cette éventualité quelques fois, mais rien n’avait encore été mis sur papier. Jusqu’à présent, c’était un sujet plutôt théorique, mais le variant Omicron nous confronte à une situation nouvelle". Toujours d’après Van der Auwera, il y a déjà un consensus pour que dans la phase d'urgence 3 "les soins Covid ne soient plus prioritaires par rapport aux autres".

Jusqu'à présent, les hôpitaux devaient toujours garder à disposition des lits pour des patients traités pour le coronavirus. En ce moment, en phase 1B, cela représente 50% des capacités des soins intensifs dans la plupart des hôpitaux. Cela implique qu'il y a assez de marge dans l'éventualité où des patients Covid doivent se présenter. "Dans un scénario d'urgence, ce n'est plus à l'agenda", explique Marcel Van der Auwera. "Alors il s'agit d'aider le plus de gens possible".

"Il n'est plus possible de mettre à disposition autant de moyens pour une personne. Nous allons donc établir une liste de priorités pour la phase 3. Si on en arrive là, seules les personnes avec des problèmes urgents pourront être admis à l'hôpital". De délicates questions éthiques sont encore ouvertes au sujet de cette liste de priorités.

"Nous repoussons autant que possible la phase 3"

Van der Auwera espère cependant que la phase 3 d’urgence n’arrivera pas, ou le plus tard possible. "Nous essayons de la repousser autant que possible. Nous avons pris toute une série de mesures, dans le domaine des ressources humaines et de l’organisation des soins, par exemple, afin de ne pas devoir décréter la phase 3, celle du pire scénario".

"Nous espérons que le 3e vaccin booster permettra d’éviter autant d’absences que possible dans le personnel des hôpitaux. Mais plus il y a de soignants qui sont absents, plus rapidement nous arrivons à la limite des soins que nous pouvons administrer. Le seuil ne peut pas être fixé de façon mathématique".

Quoi qu’il en soit, le personnel des hôpitaux devra faire des choix éthiques difficiles. "Mais nous devons déjà les faire aujourd’hui et décider qui reçoit un lit et qui n’en reçoit pas", souligne Van der Auwera. "Dans notre société, il est de bon ton de dire que nous avons donné toutes les chances au patient. Mais il faut changer de philosophie. Personnellement j’estime qu’il faut pouvoir faire ce choix moral : si une hospitalisation ne donne aucune plus-value, il vaut mieux laisser la personne reposer en toute quiétude et entourée de ses proches pour y vivre ses derniers moments. Via notre note, nous devons lancer la discussion sur pareils choix".

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