La baisse de la TVA sur l’énergie n'est pas pour demain : De Croo craint un impact sur les finances publiques

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) reconnaît que son gouvernement doit de toute urgence faire quelque chose pour que les factures énergétiques élevées restent quelque peu abordables, mais il met en garde contre l'impact sur les finances publiques. Dans l'hémicycle, il a plaidé pour des mesures temporaires et ciblées. Le Premier ministre rejette de cette manière la réduction générale de la TVA sur l'énergie de 21 à 6 %, comme l'a proposé mercredi le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V). 

Pour le Premier ministre Alexander De Croo, le gouvernement fédéral doit être attentif à trois critères dans son objectif d'aider les ménages et les entreprises à faire face à l'augmentation des prix de l'énergie. Tout d'abord, les mesures doivent être temporaires. Elles doivent aussi être ciblées vers ceux qui en ont besoin, en ce compris pour la classe moyenne. Enfin, elles doivent continuer d'assurer le caractère durable des finances publiques, a-t-il indiqué jeudi en séance plénière de la Chambre.

"Les propositions sont encore en train d'être débattues dans le détail et en profondeur. Il faut bien comprendre la technicité et les impacts que les mesures pourraient avoir", a ajouté Alexander De Croo. Dans un contexte de forte augmentation des prix de l'énergie, le débat sur la manière d'alléger la facture des ménages et des entreprises a suscité pas moins de douze questions de députés.

Mercredi sur la VRT, le ministre des Finances Vincent Van Peteghem a relancé l'idée, rejetée en septembre dernier, de procéder à une diminution temporaire de la TVA à 6%. Le PTB a de son côté annoncé le dépôt d'un amendement afin de procéder à cette diminution. Jeudi matin sur Bel RTL, le président du PS Paul Magnette se montrait par contre favorable à l'octroi d'un chèque de 200 euros. 

Divisions dans la Vivaldi

À la Chambre, il est apparu que la coalition Vivaldi ne jouait pas à l'unisson. Après le CD&V, seul Vooruit s'est clairement montré favorable à une diminution temporaire de la TVA. Le PS, par la voix de Malik Ben Achour, s'est dit ouvert, mais tant que cela ne revient pas à aider les plus riches. Ecolo-Groen ne ferme pas non plus la porte, soulignant l'importance de voir "l'ensemble des critères". "Nous payons le prix de vingt années de mauvaise gestion, de mauvais investissements dans la transition énergétique qui nous ont rendus plus vulnérables à l'augmentation du gaz et de l'uranium, qui comme vous le savez ne poussent pas en Belgique", a souligné Samuel Cogolati.

Les libéraux, eux, se sont montrés réticents à procéder à une baisse de la TVA. "Baisser la TVA n'est pas la meilleure des mesures", selon Christian Leysen (Open VLD). "Cela ne doit pas servir au chauffage d'une piscine privée." Florence Reuter (MR) a mis en garde contre les mesures "les plus simplistes, les 'one shot' qui ne règlent pas le problème sur le long terme." 

L’opposition demande des mesures rapides

"Quelle est la ligne de conduite de votre gouvernement ?", s'est interrogé Maxime Prévot (cdH, opposition). "Prenez des mesures rapidement", a-t-il exhorté. "Peu importe le flacon, l'important est de ne plus laisser la classe moyenne de côté", a renchéri François De Smet (DéFI). Les deux députés ont réclamé une attention particulière à l'impact éventuel d'une baisse de la TVA sur l'indexation des salaires.

La N-VA aussi a appelé à des mesures à court terme. Peter Mertens (PTB) a calculé qu'il existait une majorité alternative pour procéder à la baisse de la TVA. L'amendement déposé sera examiné dans le cadre de la discussion sur le projet de loi portant des dispositions fiscales diverses, attendu en fin de séance.

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