Les effets du gaz hilarant ne font plus rire Dounia, hospitalisée pour des paralysies

Le protoxyde d'azote en capsule est accessible en vente libre, chez nous, il est pourtant à l'origine de lourdes conséquences chez certains consommateurs qui témoignent de graves séquelles. Certains comme Dounia en deviennent dépendants. La jeune femme de 19 ans est actuellement hospitalisée pour des problèmes de paralysie. Elle a témoigné, mardi soir au journal télévisé de la VRT : "J'ai gâché toute ma vie à cause de ce gaz hilarant."

En Belgique, un jeune conducteur sur cinq conduit sous l'influence de drogues ou de gaz hilarant, selon des chiffres de l'institut Vias, publié mardi. L'inhalation de gaz hilarant est également en augmentation chez les jeunes. Le protoxyde d’azote n'est pas une nouvelle invention. 

Depuis plusieurs années, des petites capsules grises envahissent nos trottoirs. Elles sont en principe utilisées dans l'alimentation, pour propulser la chantilly par exemple. Si vous allez chez le dentiste, vous pouvez être anesthésié avec un tel gaz. Mais selon le neurologue Pieternel Vanherpe (AZ Sint-Maarten à Malines), l'usage récréatif augmente remarquablement, surtout dans les grandes villes comme Anvers, a-t-elle déclaré au Journal "Laat" de la VRT.

Dounia peut confirmer que l'utilisation récréative est en augmentation. Selon elle, il est partout. "Vous pouvez vous procurer du gaz hilarant très facilement". Vous pouvez passer commande via les réseaux sociaux et "en quinze minutes, quelqu'un est à votre porte avec une bonbonne de gaz hilarant".

Dounia est âgée de 19 ans et est actuellement hospitalisée. Le gaz hilarant a affecté ses nerfs et elle souffre d'une paralysie des jambes. Elle raconte qu'un matin, elle n'a pas pu se lever car elle ne sentait plus ses jambes.

Effets du gaz hilarant sur la santé

Le protoxyde d'azote est un gaz que l'on respire, il entre dans la circulation sanguine et se dirige vers le cerveau, explique le neurologue Pieternel Vanherpe. Quand on utilise du gaz hilarant, on se sent euphorique. Elle appelle cela la phase aiguë. Puis vous avez des effets secondaires : vertiges, troubles de l'équilibre, vous êtes moins alerte, votre mémoire ne fonctionne pas comme elle le devrait. Elle est également dépendante de la dose. "Plus vous en utilisez, plus l'effet est important et plus les effets secondaires sont nombreux", dit-elle.

"Nous voyons souvent des jeunes avec ces effets secondaires, qui se rendent aux urgences parce qu'ils ont des symptômes depuis plusieurs jours ou semaines et qui s'aggravent", explique Pieternel Vanherpe. "Généralement, ces jeunes gens n'ont aucune idée que ces plaintes peuvent être dues au gaz hilarant."
 

La santé de l'entourage est également en jeu

L'utilisation chronique de gaz hilarant a donc des conséquences sur votre propre santé, mais peut-être aussi sur celle de votre entourage. Selon Mme Vanherpe, les personnes qui entourent les utilisateurs de gaz hilarant peuvent également ressentir les mêmes effets. "Une partie du gaz hilarant que vous inspirez, vous l'expirez à nouveau. Ce gaz ne disparaît pas immédiatement et les personnes présentes ressentent également les effets de ce gaz."

Dounia veut partager son histoire, pour faire comprendre que le gaz hilarant n'est pas aussi innocent qu'il n'y paraît. "Ça ne sert à rien, c'est un gaspillage d'argent et ça détruit tout dans votre corps. J'ai gâché toute ma vie à cause du gaz hilarant."

 

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