Il y aura une enquête sur le rôle de la SNCB dans les déportations des Juifs et des Tziganes

Le gouvernement fédéral et le Sénat ont demandé au Centre d'étude guerre et société (Cegesoma) de mener une enquête plus approfondie sur le rôle de la SNCB dans les déportations de personnes vouées à l'extermination durant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce jeudi 27 janvier, on commémore la libération du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. C’est aussi la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. A cette occasion la présidente du Sénat Stephanie D'Hose (Open VLD) et le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) annoncent qu’une étude sera menée sur le rôle de la SNCB pendant la Seconde Guerre mondiale. L’information a été révélée par les journaux Le Soir et De Morgen et confirmée à la VRT.

Cette étude a été commandée par le gouvernement fédéral et le Sénat. La recherche historique se concentre sur la manière dont le transport des Juifs et des Tziganes, entre autres, a été effectué pendant la Seconde Guerre mondiale. Et surtout le rôle de la SNCB.

En 2007, le Cegesoma avait déjà livré un rapport qui concluait à la collaboration active d'une partie des autorités belges dans la persécution des Juifs nationaux et étrangers.

Le rôle de la SNCB en tant que transporteur des déportés vers les camps de concentration et d'extermination avait alors retenu l'attention de l'historien Nico Wouters, aujourd'hui responsable du Cegesoma. Il notait que "tous les éléments directs et indirects nous conduisent à la conclusion qu'il est presque certain que les transports de Juifs ont été réalisés par la SNCB sur l'ordre de la Wehrmacht Verkehrs Direktion". Il poursuivait : "La question-clé demeure alors de savoir si l'ensemble des 28 transports de Juifs ont été réalisés avec du matériel belge. Par manque de documents tangibles, il est impossible de le déterminer avec certitude".

Les nouvelles recherches visent à apporter des précisions quant à la manière dont les autorités belges ont exécuté les ordres venant de l'Occupant, sur le personnel et au matériel utilisés, et le rôle précis des dirigeants de la société des chemins de fer.

Nico Wouters a aussi proposé d'élargir le champ d'investigation historique aux Belges soumis au travail obligatoire et aux prisonniers politiques transportés vers l'Est.

L'étude croisera sans doute aussi le rôle important qu'ont joué les cheminots dans la lutte contre l'Occupant.

Devoir de mémoire envers les victimes

La démarche se veut une contribution au devoir de mémoire rappelé par la présidente du Sénat Stephanie D'Hose (Open VLD) et le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) alors que l'on commémore la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau.

"À une époque où le racisme et la polarisation dominent trop souvent le débat public, il est essentiel de se pencher sur cette page sombre de notre histoire", a déclaré Georges Gilkinet (Ecolo), ministre fédéral de la Mobilité. "Ce devoir de mémoire fait partie de notre démocratie. Il nous encourage à défendre encore et toujours aujourd'hui, malgré tout, nos valeurs fondamentales de respect, de liberté et de diversité."

Pour Stephanie D'Hose, présidente du Sénat, cette étude est importante pour comprendre notre histoire afin d'éviter qu’elle se répète. "Je suis heureuse et fière que ces pages noires de l'histoire de notre pays fassent l'objet d'un examen approfondi. Nous devons aux victimes et à leurs familles de reconnaître leur souffrance. Pour aller au fond des choses. Nous devons rester vigilants en tant que société et ne jamais laisser le passé se répéter", a déclaré Stephanie D'Hose.
 

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