2014

Le gouvernement veut investir 14 milliards d’euros supplémentaires dans la défense

Au cours des huit prochaines années, le gouvernement fédéral entend investir 14 milliards d’euros supplémentaires dans la défense. Le nombre de militaires augmentera ainsi de 4.000 unités, alors que du nouveau matériel plus polyvalent sera acquis. A côté des avions F-35 et des frégates qui étaient déjà prévus, des fonds seront aussi consacrés à l’achat de drones et d’hélicoptères, ainsi qu’à la cyberdéfense. La marine ne sera plus uniquement chargée de déminer, mais pourra aussi poser des mines "intelligentes"'. La Belgique prendra également part au développement d’un nouveau blindé européen.

La décision d’investir d’importants fonds supplémentaires dans la défense devrait être prise ce vendredi au conseil des ministres, mais d’après le journaliste Jens Franssen (VRT) il y aurait déjà un accord politique au sein du gouvernement fédéral à propos du nouveau paquet de mesures proposé par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder. Après des années de restrictions budgétaires au sein de l’armée, des investissements sont à nouveau consentis.

Le budget de la Défense passerait ainsi de 1,3% à 1,54% du produit intérieur brut. Cela reste en-dessous des 2% qui sont considérés comme la norme au sein de l’Otan, mais c’est déjà un budget nettement accru. D’ici 2030, il s’agirait de 14 milliards d’euros supplémentaires.

Concrètement, le nombre de militaires passera de 25.000 à 29.000. Ce qui permettra d’avoir un groupe tactique complet de 3.000 militaires. A côté de l’acquisition - déjà planifiée - de nouveaux avions de combat F-35 (photo), de frégates et de véhicules blindés, de nouveaux achats sont envisagés. Une partie des nouveaux fonds ira à une cyberdéfense améliorée, au service secret militaire et à une capacité renforcée de satellites, en collaboration avec d’autres pays européens comme la France et l’Allemagne.

L’armée devra alors recevoir non pas deux mais cinq drones, qui peuvent être armés. Sur la liste des acquisitions prévues figurent aussi de nouvelles pièces d’artillerie du type César et des systèmes de missiles pour des courtes comme des longues distances. A noter aussi que la Belgique participera aux investissements dans le développement d’un nouveau blindé européen. Ce qui ne veut pads encore dire qu’elle achètera ensuite ces blindés. Depuis l’abandon des Léopards, notre pays n’a plus de blindés.

Les "forces spéciales" auront, elles, droit à davantage de personnel, ainsi qu’à des véhicules amphibies et des avions légers du producteur Pilatus. A côté des F-35 déjà commandés, la composante aérienne pourra aussi compter sur 15 hélicoptères légers et 4-5 grands hélicoptères de transport.

La marine sera également renforcée, et obtiendrait la capacité de poser elle-même des mines en mer. Il s’agira de mines "intelligentes" qui cherchent des cibles sous l’eau. Pour héberger ce nouveau matériel et le personnel supplémentaire, la défense investira aussi dans des casernes.

"Une armée à nouveau dynamique"

Le paquet d’investissements qui devrait être annoncé ce vendredi est surprenant, quand on sait que la Défense n’a fait que réduire son matériel et son personnel au cours des décennies écoulées. La Belgique n’a en effet jamais atteint la norme de l’Otan dans le domaine des dépenses pour sa défense.

Le changement de mentalité chez les représentants politiques de la plupart des partis est visible depuis un certain temps. Alors que sous le gouvernement de Charles Michel (MR) on avait encore économisé dans le domaine de l’armée, le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) avait déjà parlé d’insécurité et de menaces venant du Proche-Orient, mais aussi du Sahel et de la politique agressive de la Russie.

Le gouvernement fédéral actuel rassemble des libéraux, des socialistes et des démocrates-chrétiens, mais aussi des écologistes. D’après le journaliste Jens Franssen, la plupart des membres de ces partis sont conscients de l’importance de la défense qui, dans la politique étrangère du pays, forme un triangle avec les Affaires Etrangères et la Coopération au développement.

Ritchie Sedeyn BELGIAN DEFENCE

Les plus consultés