Sammy Mahdi tente à nouveau de faire expulser un prêcheur haineux

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V, photo) veut qu'une solution soit trouvée pour que les juges puissent avoir accès aux documents classifiés dans les affaires liées à l'immigration. Il réagit ainsi à la décision du Conseil du contentieux des étrangers selon laquelle un imam prêchant la haine ne peut être expulsé. "Ce type de personnages n’a pas sa place dans notre société", estime le Secrétaire d’Etat.

Sammy Mahdi entend expulser l’imam Abdallah Ouahbour qui constitue une menace sérieuse pour la sécurité, d'après les rapports de l'Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) et de la Sûreté de l'Etat. Mais pour le Conseil du contentieux, ces rapports - "trop généraux" et "trop vagues" - ne peuvent constituer une "base solide" pour expulser quelqu'un.

"Cette décision ne m'empêchera pas de prendre un autre arrêté d'expulsion pour ces radicaux et ces individus dangereux", a souligné le Secrétaire d'Etat. "J'espère que nous pourrons convaincre le juge grâce à tous les éléments que les services de sécurité nous ont fournis. Je continuerai à lutter contre la présence de radicaux dans notre pays", a-t-il ajouté.

Selon Sammy Mahdi, le fait que les juges n'aient pas accès aux documents complets des services de sécurité, car ils contiennent des informations classifiées, est avant tout un problème structurel qu'il a déjà évoqué dans sa note politique. Une clarification de la loi y est d'ailleurs prévue.

"Un danger pour notre société"

L’Office des étrangers veut déporter le prédicateur controversé vers le Maroc. Ouahbour est en effet un Marocain né en Belgique, qui a des enfants mineurs d’âge et dirigerait le Groupe de Maaseik. A ce titre, il aurait aussi été impliqué dans les attentats de Casablanca en 2003, qui ont fait 33 morts. Il aurait aussi recruté des jeunes combattants belges pour la Syrie.

Quoi qu’il en soit, l’homme entretiendrait des relations avec des organisations salafistes et exprimerait des idées extrêmes. La Sûreté de l’Etat décrit Abdallah Ouahbour comme un prédicateur haineux. Sammy Mahdi estime que l’homme "est un danger pour notre sécurité et notre société".

Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de renvoyer le prédicateur au Maroc. Le Conseil du contentieux des étrangers estime que le dossier ne pèse pas assez lourd et que les accusations sont trop générales. Il bloque l’expulsion. Sammy Mahdi veut refaire un essai et entamer un nouveau dossier pour l’expulsion de l’homme. "Je n’abandonne pas. Nous allons tenter de convaincre le juge".

Des erreurs auraient-elles été commises lors de la première tentative d’expulsion du prédicateur ? Mahdi estime que non. "Nous allons tout tenter et voir avec la Justice comment donner au juge la possibilité de consulter tous les éléments du dossier. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter que pareils personnages séjournent plus longtemps sur notre territoire'", concluait Sammy Mahdi.

Note du médiateur de la rédaction : En réaction à cet article, l'avocat d'Abdallah Ouahbour souligne que son client n'est pas un "prédicateur haineux". Elle déplore que le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration continue de le présenter comme tel. Elle dément fermement son implication dans les attentats de Casablanca et de Madrid, attribués au GICM.

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