Nicolas Maeterlinck

Steven Van Gucht : "Nous devrions bientôt atteindre le pic de la 5e vague"

Lors de la conférence de presse hebdomadaire de l’Institut Sciensano, le virologue Steven Van Gucht a estimé que "nous devrions bientôt atteindre le pic de la cinquième vague de coronavirus, probablement d'ici une à deux semaines". Les infections, après avoir battu des records en début de semaine - avec près de 70.000 cas détectés lundi - ont commencé à ralentir depuis quelques jours. L'augmentation des hospitalisations tend également à ralentir, avec une moyenne de 344 admissions quotidiennes à l'hôpital.

Si le nombre de cas détectés a baissé au cours des derniers jours, après le pic record de lundi, le virologue s'est néanmoins montré prudent. "La croissance semble ralentir avec 60.000 cas détectés en moyenne mardi et mercredi, mais le nombre d'infections enregistrées est sous-estimé", nuance-t-il. "C'est notamment dû aux nouvelles règles de testing qui ne préconisent plus de test PCR pour les personnes vaccinées ayant eu un contact à haut risque."

L'augmentation du nombre de cas la plus importante est actuellement concentrée chez les enfants, les adolescents et leurs parents (trentenaires et quadragénaires). Le virologue a en outre indiqué que 97,8% des contaminations sont dues au variant Omicron.

Le nombre moyen de décès dus au coronavirus est légèrement monté ces derniers jours. "C’est presque uniquement lié aux résidents des maisons de repos et soins, ce qui explique aussi l’âge plus élevé des patients qui décèdent. Ils ont en moyenne 79 ans maintenant. Le nombre de maisons de repose et soins qui se débattent avec une poussée du virus est passé de 9 à 15% "

Au niveau de la couverture vaccinale, le virologue constate une "forte disparité" régionale concernant l'administration de la troisième dose, dite "booster". "En Flandre, 64% des personnes vaccinées ont reçu leur booster contre 48% en Wallonie et 31% à Bruxelles", précise Steven Van Gucht.

Interrogé sur l'opportunité de relâcher plus fortement les mesures sanitaires, comme c'est le cas dans d'autres pays européens (au Danemark notamment), le scientifique a appelé à la "prudence". "Je pense que dans ces pays, ce sont avant tout des mesures politiques. En Belgique, la pression sur les médecins généralistes est très forte et nous devons aussi préserver le système scolaire", note le virologue. "Il faut encore un peu de patience, mais pour le relâchement on peut parler de semaines, et non plus de mois."

Les plus consultés