Le Concours Reine Elisabeth retrouve son public passionné: l'édition 2022 pour violoncelle a débuté

Soixante-six musiciennes et musiciens sont en lice pour le Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique, consacré pour la deuxième fois de son histoire au violoncelle. La première épreuve a commencé ce lundi à Bruxelles, au Studio 4 de Flagey, en présence du public qui n'avait pas pu assister aux représentations depuis 2019, en raison de la crise sanitaire. Or le public attentif, qui suit les candidats d’épreuve en épreuve et se passionne pour leurs prestations, fait partie intégrante de l’ambiance du concours belge, réputé l’un des plus difficiles en musique classique. L'unique candidate belge retenue, Stéphanie Huang (26 ans), est la douzième à passer, ce lundi soir.  

"Il y a quelque chose de magique qui se passe en présence d'un public. Ça change la donne", confiait Gilles Ledure, président du jury. L'audience du Concours Reine Elisabeth est toujours de grande qualité, selon lui. "Le public n'est pas là pour juger, il soutient les candidats et on sent une admiration pour ce que les musiciens font à leur âge."

Soixante-huit violoncellistes ont été sélectionnés parmi 152 candidats en vue de la première épreuve (mais seulement 66 se présentent effectivement), qui se déroulera jusqu'au 14 mai dans l'emblématique Studio 4 de Flagey. Stéphanie Huang (photo), une candidate belge de 26 ans, se trouve parmi eux et présente d'ailleurs son programme dès ce lundi soir. Elle a tiré le n°12 au tirage au sort de la semaine dernière. 

Formée au Koninklijk Conservatorium van Brussel (Conservatoire flamand de Bruxelles) et au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, elle poursuit actuellement son parcours à la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo. Elle s'est déjà produite à Bruxelles, Paris ou Monaco. Elle est la soeur de Sylvia Huang (28 ans), lauréate du Concours Reine Elisabeth de violon de 2019. 

Les autres candidats proviennent notamment des États-Unis, du Japon, d'Allemagne, de France, de Turquie et même d'Australie - 25 nationalités sont représentées en tout. Quatre candidats font également le voyage depuis la Russie. Le concours avait publié un communiqué début mars condamnant l'invasion russe en Ukraine, tout en rappelant le règlement selon lequel tous les jeunes artistes sont les bienvenus, quelle que soit leur nationalité.

Proclamation des lauréats en juin 2018, au Bozar. Le public a attendu jusqu'à minuit cette proclamation.
Nicolas Maeterlinck

Programme très exigeant

Pendant la première épreuve, chaque candidat violoncelliste jouera une sonate de Boccherini avec accompagnement de violoncelle, le 1er mouvement de la Sonate pour violoncelle seul d'Ysaÿe ainsi qu'une œuvre moderne avec accompagnement de piano. La semaine suivante, ce sera la demi-finale. Les 24 musiciens sélectionnés seront alors accompagnés par l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, dirigé par Vahan Mardirossian. Ils interprèteront notamment l'oeuvre "Wie aus der Ferne" du compositeur belge Daan Janssens. 

La finale, quant à elle, se tiendra du 30 mai au 4 juin à Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) avec le Brussels Philharmonic placé sous la direction de Stéphane Denève. Les douze finalistes auront d'abord passé chacun et chacune une semaine à la Chapelle musicale Reine Elisabeth de Waterloo pour préparer, sans aucune aide extérieure, l'oeuvre pour violoncelle et orchestre imposée à l'ultime épreuve, commandée au jeune compositeur allemand Jörg Widmann. C'est aussi cela qui fait la spécificité et la grande difficulté du Concours Reine Elisabeth. 

En tant que président du jury, Gilles Ledure ne vote pas, mais il a une idée précise des qualités qui permettent à un artiste de briller. "On cherche des musiciens complets, intelligents, qui parviennent à nous surprendre avec un répertoire qu'on croit connaître", dit-il.

Certaines œuvres permettent d'ailleurs plus que d'autres de révéler ces qualités. Les candidats ont l'occasion de choisir une partie des pièces présentées, une autre manière de se démarquer. "J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce qui est proposé. Les candidats se sont montrés innovateurs et ouverts, choisissant aussi un répertoire moins connu. On attend aussi cette approche." Au-delà de la compétition, reste une constante au fil des années : la joie de "découvrir des talents" et d'écouter leur musique.

Suivre le Concours pour violoncelle via la VRT

Les concerts des premières épreuves (9 au 14 mai) peuvent être suivis en streaming via le site du Concours Reine Elisabeth (www.cmireb.be).

Les demi-finales (16 au 21 mai) et les soirées de finale (30 mai au 4 juin) seront retransmises à la VRT en direct sur VRT NU, radio Klara, sur le site Klara.be et l'application Klara, mais aussi sur la chaîne de télévision Canvas et sur Ketnet en journée.

Les émissions seront présentées par Katelijne Boon et Nicole Van Opstal, ainsi que Clara De Decker pendant les finales. Elles accueilleront de nombreux invités de marque.

ECOUTEZ: Victor Julien-Laferrière, gagnant du premier Concours Reine Elisabeth pour violoncelle, en 2017, avec le Premier concerto de Dimitri Chostakovitch

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