Nicolas Maeterlinck

Le CD&V veut un successeur à Beke après le week-end et un nouveau président au plus tard le 15 juillet

Le nom du ou de la futur(e) président(e) du CD&V sera connu au plus tard le 15 juillet prochain. Le conseil du parti chrétien-démocrate flamand a établi jeudi soir la procédure pour les élections anticipées, pour nommer un successeur à Joachim Coens. Ce dernier souhaite se retirer à la suite d’une étude sur les intentions de vote des Flamands dont les résultats sont très mauvais pour le CD&V. L’appel à candidatures court jusqu’au 30 mai. Le parti compte également désigner en début de semaine le successeur au ministre flamand de la Santé et du Bien-être, Wouter Beke, qui annonçait sa démission ce jeudi soir.

La semaine dernière, Joachim Coens (photo) a indiqué qu'il remettait son mandat de président du CD&V avant son terme de fin d’année. Le conseil du parti s’est réuni ce jeudi et a confirmé en soirée que des élections anticipées auront bien lieu. Les candidatures doivent être réceptionnées avant le 30 mai. Les membres du parti pourront ensuite voter pendant un mois, jusqu'au 24 juin.

Le vainqueur sera annoncé lors de la journée des familles du CD&V, le 25 juin, si un candidat obtint plus de la moitié des suffrages. En cas de deuxième tour, le vainqueur sera annoncé le 15 juillet. A l’heure actuelle, seul le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi s’est porté candidat.

"Sammy Mahdi est un très bon candidat et je trouve très important qu’il veuille prendre des responsabilités pour le CD&V. Mais nous sommes un parti composé de membres et s’il y a d’autres candidats, ils peuvent se faire connaître", soulignait Joachim Coens. Le Secrétaire d’Etat bénéficierait déjà d’un large soutien au sein de son parti, comme l’indiquait la ministre Hilde Crevits au micro de VRT NWS.

Trouver rapidement un successeur à Wouter Beke

Le ministre flamand de la Santé et du Bien-être annonçait jeudi soir avoir donné sa démission, "pour donner de l’oxygène" au CD&V et ouvrir la voie à un nouveau président de parti que serait Sammy Mahdi, dont il affirme "soutenir pleinement" la candidature. Wouter Beke faisait cette annonce entouré de membres de son cabinet, de son épouse et de sa fille. Il expliquait aux journalistes que la mort d'un bébé de six mois, le 18 février dernier dans une crèche de Mariakerke (région gantoise), "l'a touché plus qu'il ne voulait l'admettre au monde extérieur".

Il a aussi indiqué que le sondage diffusé vendredi dernier par VRT NWS - et qui faisait du CD&V la plus petite formation de Flandre, avec 8,7% des intentions de vote - a également joué un rôle dans sa décision. Wouter Beke a ajouté qu'il retournerait siéger à la Chambre et qu'il coopèrerait avec la Commission d'enquête sur l'accueil à la petite enfance mise sur pied par le Parlement flamand.

Wouter Beke avait été l'objet de nombreuses critiques au cours des deux années écoulées, notamment pour sa gestion de ce secteur en crise. Le ministre du Bien-être, de la Santé publique, de la Famille et de la Lutte contre la pauvreté s'en est également pris jeudi soir aux médias. "Beaucoup de choses ont été écrites à ce sujet. Des choses qui m'ont vraiment touché. Chers journalistes, les politiciens sont aussi des humains. Être traité de manière inhumaine sur les réseaux sociaux fait apparemment partie du travail. Mais les médias classiques ont une fonction d'entonnoir. S'ils ne la remplissent pas, ne soyez pas surpris que la société se polarise".

Beke a tenu à récuser l'image du "politicien du pouvoir froid" qui lui a, selon lui, été donnée. "Mon intégrité en tant que politicien, en tant que personne, en tant que mari, en tant que père et en tant que militant est plus importante pour moi que toute autre chose. C'est plus important que ce qui a été écrit sur moi dans les médias ces deux dernières années", a-t-il dit.

Ancien président du CD&V, ex-ministre fédéral de l'Emploi et de l'Économie, ce Limbourgeois de 47 ans avait hérité en octobre 2019 de plusieurs gros portefeuilles au sein du gouvernement flamand, dirigé par Jan Jambon (N-VA) et composé du parti chrétien-démocrate, des nationalistes de la N-VA et des libéraux de l'Open VLD. Il avait débuté sa carrière politique en 2001 en tant que conseiller communal à Bourg-Léopold. Il était devenu échevin de la commune limbourgeoise en 2004 avant d'être élu, avec 15.000 voix de préférence, sénateur où il a siégé de juillet 2004 à 2014. Il est depuis 2013 bourgmestre de Bourg-Léopold.

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