Le Boerenbond dépose un recours contre l'accord sur l'azote en Flandre

L’organisation professionnelle des agriculteurs Boerenbond a déposé ce vendredi un recours contre l'accord sur les émissions d'azote, élaboré par le gouvernement flamand. La procédure a été introduite auprès des autorités communales de Louvain, là où est établi le siège de l'organisation agricole flamande. L'enquête publique autour de cet accord, qui avait débuté le 19 avril, se clôturait ce vendredi. "J’ose espérer que le gouvernement flamand prendra ce recours au sérieux", déclarait Lode Ceyssens (photo), président du Boerenbond.

Le Boerenbond estime que les objectifs de l'accord ne sont pas réalisables pour les fermiers. "Ils sont beaucoup trop difficiles", commente Lode Ceyssen. "Ils sont en outre orientés vers les exploitations de façon individuelle au lieu de prendre en compte l'ensemble du secteur".

Le nombre d'élevages qui mettront un terme à leurs activités à moyen terme n'est également pas pris en considération. Selon les chiffres avancés par le Boerenbond, les agriculteurs présentent une moyenne d'âge de 56 ans et à peine 12% des éleveurs quinquagénaires affirment avoir un successeur.

Le secteur agricole pense en outre que, dans ce dossier autour des émissions d'azote, il n'est pas traité sur un pied d'égalité avec d'autres pans de l'industrie, chimique notamment. Selon cet accord, une quarantaine d'entreprises agricoles particulièrement émettrices d'azote -classées rouge - devront fermer d'ici 2025 en échange d'une indemnisation. Quelque 120 entreprises d'élevage - classées orange foncé - auront quant à elles la possibilité d'arrêter leurs activités d'ici 2026.

Les autres élevages de porcs ou de volaille qui élèvent leurs bêtes dans un endroit clos sans système de réduction d'ammoniac devront diminuer de 60% leurs émissions d'ici 2030. L'ambition du gouvernement flamand est de réduire de 30% le cheptel porcin à l'horizon 2030.

De nombreux agriculteurs ont déjà exprimé leurs craintes et leur colère face à l’accord du gouvernement flamand, notamment envers la ministre de l’Environnement Zuhal Demir. Celle-ci reçoit maintenant une protection policière, à la suite de menaces prononcées à son encontre. Le Boerenbond demande de son côté à pouvoir participer à la réflexion pour reformuler l’accord, afin que ses conditions soient moins difficiles à atteindre pour les agriculteurs flamands.

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