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Un deuxième groupe de femmes et d’enfants de djihadistes présumés rapatrié cette nuit

La Belgique a rapatrié la nuit dernière des camps syriens six femmes et 16 enfants de djihadistes présumés. Les enfants sont tous âgés de moins de 12 ans. Le mois dernier, il est apparu que la Belgique avait organisé une nouvelle mission consulaire en Syrie. Une équipe d'enquêteurs belges s'est ainsi rendue au camp de Roj, où plusieurs femmes de nationalité belge, qui pourraient être liées au groupe terroriste État islamique, et leurs enfants étaient détenus.
 

Une mission de rapatriement a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo. Six femmes et 16 enfants ont été ramenés dans notre pays. Les femmes ont été directement incarcérées en raison de leurs liens avec l'EI, tandis que les enfants doivent être pris en charge par le parquet de la jeunesse. L'année dernière, la Belgique avait rapatrié six mères et 10 enfants de Syrie.

Ces femmes étaient parties en Syrie en 2013 et 2014 pour rejoindre le groupe terroriste de l’Etat islamique. Certaines sont parties avec leur mari, d'autres ont épousé un djihadiste sur place. Les hommes ont été tués ou sont en prison. Ces femmes sont détenues depuis plusieurs années dans l'un des camps de prisonniers du nord-est de la Syrie, géré et surveillé par les autorités kurdes. 

Les six femmes - cinq mères et une grand-mère - qui ont reçu l'autorisation de rentrer chez elles ont ensemble 16 enfants mineurs. Deux des mères sont originaires d'Anvers, deux de Bruxelles et une de Flandre orientale. La grand-mère est également autorisée à rentrer en Belgique.
 

Rapatriement des enfants de moins de 12 ans

En mars 2021, le gouvernement belge a décidé de rapatrier les enfants mineurs jusqu'à 12 ans des camps de prisonniers du nord de la Syrie. Cette décision a été prise principalement pour des raisons humanitaires. Il s'agit de petits enfants qui vivent aujourd'hui dans des conditions très difficiles. Plusieurs d'entre eux ont également un besoin urgent de soins médicaux. Six enfants belges seraient morts dans ces camps au cours des dernières années. Cela a augmenté la pression sur le gouvernement pour qu'il prenne des mesures.

Les mères et les enfants bénéficient d'un soutien psychologique intensif pour leur permettre de se réinsérer dans la société. Les chercheurs de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) qui les accompagnent, le professeur Gerrit Loots et le psychologue clinicien Hannan Jamaï, affirment que les mères réagissent positivement à la guidance et sont ouvertes à celle-ci. Même en prison, elles ont étudié et travaillé pour pouvoir s’insérer à nouveau dans la société et offrir un avenir à leurs enfants. L'OCAD, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, parle également de signaux majoritairement positifs.
 

5 femmes et 8 enfants restent sur place

Malgré ce deuxième rapatriement, 5 femmes et 8 enfants risquent de rester dans les camps en Syrie. Deux femmes ne sont pas autorisées à rentrer car elles n'ont pas d'enfants. L'un d'elles a eu un enfant, mais il est mort. Une autre mère avec un enfant ne peut pas rentrer car elle n'a plus la nationalité belge. Cette nationalité lui a été retirée suite à une décision de justice. Elle ne veut pas laisser son enfant rentrer seul, de peur de ne plus jamais le revoir. Il y a aussi au moins une mère qui refuse d'être rapatriée. Elle a choisi de rester avec ses quatre enfants.

L'influence de l'IS dans les camps reste forte, ce qui en fait un terrain propice à la radicalisation.
 

Critiques contre ce rapatriement

Le rapatriement des femmes belges et de leurs enfants continue de susciter de nombreuses réactions critiques. Il faut dire que le groupe terroriste Etat islamique a frappé fort en Europe, avec notamment les attentats sanglants de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles en mars 2016. Pour cette raison, les rapatriements sont également critiqués et les opposants estiment que les femmes ne devraient plus jamais être autorisées à remettre les pieds sur le sol européen. Le débat est également ouvert dans d'autres pays qui rapatrient des femmes et des enfants, comme l'Allemagne, la France et les Pays-Bas.

Les autorités kurdes demandent aux pays européens de retirer leurs ressortissants de ces camps. Car les Kurdes ne sont pas prêts à les garder indéfiniment.

En Belgique, les évaluations de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) montrent que le rapatriement des mères est fait dans l'intérêt de la sécurité nationale, car il permet une meilleure surveillance et un meilleur contrôle de ces personnes, a souligné le cabinet du Premier ministre.

 

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