James Arthur Photography

Zelzate devient la première commune flamande à pouvoir taxer plus lourdement les grandes entreprises

Le Conseil d'Etat a donné son feu vert au "tax shift équitable" mis en place par la commune de Zelzate, en Flandre orientale. Prévoyant une baisse des taxes pour les ménages et les indépendants, financée par une hausse des contributions des grandes entreprises présentes sur le territoire de l'entité, ce tax shift était notamment contesté par l'organisation patronale Voka.

Depuis 2020, ce système coûte à 30 grandes entreprises quelque 487.000 euros supplémentaires par an. Sur ce montant, 100.000 euros sont utilisés pour éviter que la collecte des déchets ne devienne plus coûteuse.

Parallèlement, les taxes communales de 600 petits indépendants et PME ont été réduites de 100 euros il y a deux ans. Et depuis cette année, la taxe environnementale a été divisée par deux pour toutes les familles avant de disparaître complètement en 2024. 

Cette affaire montre ce que peut viser une majorité réellement de gauche : faire porter les charges les plus lourdes par les épaules les plus fortes.

Steven De Vuyst (PVDA), échevin de l'Environnement

"Ce tax shift coûte aux entreprises à peine 0,09% de leurs bénéfices", assurent les autorités communales. "On parle de montants que les entreprises ressentent à peine, mais c'est déjà trop pour le Voka et pour des multinationales comme ArcelorMittal, Jan De Nul et Rain Carbon. Ils ont saisi le Conseil d'État pour annuler notre tax shift, sans succès. En tant que conseil communal, nous faisons du bon travail pour nos résidents et nos petits indépendants", a estimé l'échevin de l'Environnement Steven De Vuyst (PVDA) qui dirige la commune en coalition avec Vooruit.  

"Ne sous-estimons pas l'importance de ce verdict. Cette affaire montre ce que peut viser une majorité réellement de gauche : faire porter les charges les plus lourdes par les épaules les plus fortes. Les entreprises ne vont pas se mettre à fuir Zelzate en masse. La preuve, nous avons introduit ce règlement il y a déjà plusieurs années et elles sont toujours là", a poursuivi l'échevin.

"En tant que commune, nous mettons en œuvre un transfert fiscal très raisonnable, que les entreprises concernées ne ressentent pratiquement pas, mais qui, en période de crise, fait une fameuse différence dans la vie de beaucoup de gens. C'est une question de bonne gouvernance de gauche", a-t-il conclu. 

Les plus consultés