Piscines moins chauffées et éclairage public réduit : les villes flamandes veulent économiser de l’énergie

Au vu de la flambée des prix de l’énergie, un certain nombre de villes et communes flamandes envisagent de prendre des mesures concrètes pour réduire leur consommation et ainsi s’éviter des factures exorbitantes à l’automne. C’est ce que confirme le président de l’Association des villes et communes flamandes (VVSG) Wim Dries. La ville limbourgeoise de Genk projette ainsi de réduire la température de ses piscines publiques, alors que Gand (Flandre orientale) veut mettre en veilleuse son éclairage public. "Eteindre la lumière pendant une heure nous permettrait d’économiser certainement déjà 400.000 euros", évalue Filip Watteeuw, échevin gantois de l’Espace public.

Il n’y a pas que les consommateurs particuliers qui ont des difficultés à faire face à la montée des prix du gaz et de l’électricité. Les villes et communes sont confrontées à la même réalité. A l’étranger (en Allemagne, France, Espagne, Italie et aux Pays-Bas notamment), nombre d’administrations locales ont déjà annoncé des mesures d’urgence pour réduire leurs coûts. Plusieurs villes et communes flamandes en ont fait de même.

"Toutes les villes et communes de Flandre sont déjà préoccupées de longue date par la problématique du climat", souligne le bourgmestre de Genk et président de la VVSG Wim Dries (photo). "Elles le font avec une vision et des mesures à long terme, mais elles veulent évidemment aussi entrer en action immédiatement en cette période exceptionnelle de factures très élevées".

Bernard Gillet

Les dépenses ont augmenté de façon exponentielle

Les administrations locales sont donc en train d’examiner comment réduire leur facture énergétique à court terme. "Elle songent ainsi notamment à allumer quelques heures en moins leur éclairage public et à baisser la température de leurs piscines et infrastructures sportives", indique Wim Dries. "Les villes et communes examinent aussi si elles peuvent réduire la consommation d’énergie dans leurs propres bâtiments, tant pour l’éclairage que le chauffage".

Selon Wim Dries, il est urgent de prendre des mesures. "La facture sera lourde à porter. Combiné à cela l’inflation et le saut d’index sur les salaires : on constate que les dépenses des administrations locales ont augmenté de façon exponentielle l’année écoulée. Il est question de beaucoup d’argent".

Véronique Goossens, économiste en chef chez Belfius, indiquait d’ailleurs en juin à VRT NWS que les factures d’énergie des villes et communes flamandes ont explosé. "Dans le domaine de l’énergie, nous nous attendons à une augmentation des dépenses de l’ordre de 105 millions d’euros pour les administrations locales flamandes et de 12,5 millions d’euros pour les communes bruxelloises, si nous supposons une augmentation de 50%. Certaines communes parlent de voir doubler ou même tripler leur facture".

Pour maintenir leur budget dans les rails, les villes et communes devront donc faire des efforts supplémentaires. "A Genk, nous sommes en train de tester une baisse de la température à la piscine. Nous avons déjà réduit d’un degré la température des douches et nous envisageons de la faire passer de 37 à 36 degrés", indiquait le bourgmestre Wim Dries. "Et nous voudrions baisser aussi la température de l’eau de la piscine : de 29 à 28 degrés. Et puis nous réfléchissons à la manière de chauffer et éclairer nos bâtiments communaux à partir de l’automne".

Eteindre ou tamiser les lumières

Dans la ville de Gand, en Flandre orientale, on réfléchit aussi à la façon de réduire les factures énergétiques. "Je pense que nous devons à nos citoyens d’analyser comment économiser de l’énergie", déclarait l’échevin de l’Espace public, Filip Watteeuw (Groen). "Les prix en hausse dévorent notre budget. Ce budget consacré à l’énergie ne peut aller ailleurs. Cela nous inquiète".

Concrètement, Gand veut avant tout économiser sur l’éclairage public. "Il nous coûte annuellement quelque 3 millions d’euros, avant la montée des prix. Ce sera encore plus cher maintenant". "Si nous pouvons éteindre ou tamiser l’éclairage une partie de la nuit, cela représentera une belle économie. Une heure d’éclairage en moins représente 400.000 euros d’économie".

La mise en pratique est étudiée en collaboration avec la police et les pompiers. Afin de pouvoir passer à l’étape concrète dès l’automne.

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