À peine un salon belge de tatouage sur cinq est totalement conforme

Au moins 80% des salons de tatouage contrôlés par le service fédéral Santé publique ne respectent pas toutes les réglementations. C’est ce qui ressort de données communiquées par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) à la demande de la députée Els Van Hoof (CD&V). Celle-ci demande dès lors que les contrôles soient renforcés.

Selon les chiffres pour la période 2019-2021, 39 des 48 salons contrôlés la première année n'étaient pas en règle. En 2020, 60 des 74 commerces visités étaient dans la même situation. L'an dernier, seuls six boutiques ont été contrôlées en raison de la crise du coronavirus et quatre d'entre elles n'étaient pas en règle. "Qu'un si grand nombre d'infractions soient identifiées est inquiétant. Et ce n'est probablement que la partie émergée de l'iceberg", alerte la député Els Van Hoof.

Elle souligne que la situation n'est pas non plus sans risque. "La pose inconsidérée de tatouages peut avoir de graves conséquences. Elle peut par exemple entraîner des réactions allergiques, des infections ou d'autres complications médicales graves", rappelle l'élue démocrate-chrétienne.

Risques sanitaires

L'infraction la plus courante est le non-enregistrement du tatoueur auprès du SPF Santé publique (23% des cas). Selon le ministère, un total de 1.995 tatoueurs sont enregistrés. Sur la base du nombre d'infractions, les autorités estiment qu'il y en a environ 450 actifs en Belgique sans être enregistrés. Ceux qui sont dans ce cas ne peuvent en principe pas exercer leur profession. Pour cela, il faut en effet réussir un examen après une formation de vingt heures sur la stérilité, les règles d'hygiène, les premiers soins et les risques d'infections et d'hémorragies.

Une infraction sur dix (11%) était d'ailleurs relative à des problèmes de stérilité et d'hygiène. Cela concerne, par exemple, le dépassement de la date limite d'utilisation des aiguilles et des encres stériles. Enfin, un cinquième des infractions (19%) avait trait à un manque de visibilité des informations sur les risques sanitaires dans les espaces de travail.

La députée Van Hoof demande dès lors plus de contrôles. "Ces dernières années, nous avons constaté une nette tendance à la diminution des inspections: de 119 en 2015 à 74 en 2019 et 48 en 2020. Cette tendance à la baisse doit être inversée. Il est vrai que les salons de tatouage ont été fermés pendant une longue période entre novembre 2020 et mars 2021", reconnait-elle. "Maintenant que le pic de la pandémie est derrière nous, davantage d'inspections doivent être menées".

Le secteur, pour sa part, nuance les chiffres du ministre de la Santé. Il affirme que les règles, datant de 2005, sont dépassées et ne sont pas connues de nombre de tatoueurs. "Le document que les clients doivent signer n’est, par exemple, pas prévu par le gouvernement", indique Wim De Muylder de l’association professionnelle Belgian Bond of Tattooists. "Mais des concertations sont en cours, et elles se passent très bien".

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