Il y a 80 ans, le premier convoi quittait Malines pour Auschwitz

Le jeudi 4 août 1942, il y a tout juste 80 ans, le premier convoi sur rail transportant près d'un millier de Juifs quittait Malines (province anversoise) pour le camp de concentration et de mise à mort d'Auschwitz, en Pologne. Parmi les déportés figuraient une cinquantaine d'enfants.

Le 4 août 1942 marque le début de la plus grande vague de persécutions de Juifs en Belgique. Quelques jours auparavant, le 27 juillet, les Allemands ouvraient la caserne Dossin à Malines pour y concentrer Juifs et Roms en vue de leur déportation. Durant les mois précédents, quelque 12.000 Juifs avaient reçu un ordre de travail. "La lettre qui leur avait été adressée leur intimait d'obéir afin d'éviter des ennuis à la population juive. Beaucoup sont tombés dans le piège par crainte de mettre leur famille en danger s'ils refusaient la convocation", explique Laurence Schram, chercheuse à la caserne Dossin.

Quelque 4.000 d'entre eux se sont alors présentés, équipés de vêtements chauds et de chaussures de travail, tel que cela leur avait été demandé. Lors des premières déportations, les Juifs restaient au maximum une semaine à la caserne Dossin (photo). "Ils étaient entassés dans des dortoirs surpeuplés. Certains étaient contraints de dormir sur le sol", poursuit la chercheuse. Au fil des semaines cependant, les Juifs, de plus en plus méfiants, ont été moins nombreux à répondre aux convocations, de sorte que les Allemands ne parvenaient pas à remplir leur quota.

"Berlin attendait 300 personnes par jour, ce qui était impossible à atteindre pour la Sipo-SD (la police de sûreté allemande, NDLR)", ajoute Laurence Schram. C'est pourquoi la première rafle a eu lieu à Anvers les 15 et 16 août 1942. Entre 1942 et 1944, quelque 25.490 Juifs et 353 Roms ont été déportés depuis la caserne Dossin vers Auschwitz à bord de 28 trains de transport. Dans un premier temps, les Allemands pressaient les Juifs dans des wagons de troisième classe, mais les déportés ont ensuite été poussés dans des wagons à bestiaux.

A peine une personne sur 20 a survécu à la déportation. Aujourd'hui reconvertie en mémorial et musée, la Caserne Dossin œuvre au devoir de mémoire. "De par notre histoire commune, il est significatif pour nous, en tant que société, de réfléchir à la persécution raciale de cette période. Divers mécanismes, qui y ont contribué - tels que le racisme, l'exclusion de groupes de population, la discrimination en raison de l'origine, de la religion, de la conviction, de la couleur de la peau, du sexe, de l'orientation sexuelle - sont toujours présents aujourd'hui", regrette Tomas Baum, directeur du musée Caserne Dossin, qui est aussi un mémorial et un centre de documentation sur l'Holocauste et les droits de l'homme, inauguré en 2012.

Les rails de train passaient à côté de la caserne malinoise
La caserne Dossin devenue musée
Belga

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