Un chasseur de mines belge envoyé en mission en Méditerranée

Un chasseur de mines tripartite (CMT), le M923 Narcis de la Marine (photo), et son équipage de 47 marins appareilleront lundi à destination de la mer Méditerranée pour se joindre à l'une des deux flottilles de l'Otan chargées de la lutte contre les mines. C’est ce qu’indiquaient mercredi des sources militaires belges et néerlandaise. Le départ du chasseur de mines a lieu plus tôt que prévu et serait lié à l’accord entre la Russie et l’Ukraine sur le transport de céréales. Un premier navire de céréales ukrainien était contrôlé ce mercredi dans la ville portuaire turque d’Istanbul.

Le navire sera affecté au "Standing NATO Mine Counter-Measures Group Two" (SNMCMG-2), l'un des quatre groupes navals permanents dont dispose l'Otan et l'un des deux spécialisés dans la guerre des mines. Deux de ces flottilles opèrent de manière privilégiée dans le nord de l'Europe et l'autre dans le sud - principalement en Méditerranée, mais aussi occasionnellement en mer Noire. Les navires qui les composent sont mis à la disposition par les pays alliés selon un principe de rotations. Les Pays-Bas engageront pour leur part un bâtiment identique, le Zr.Ms. Vlaardingen, qui quittera dimanche le port de Den Helder (nord-ouest) pour la même mission, d'une durée de près de quatre mois, quelques semaines plus tôt qu'initialement prévu.

Il est toutefois rarissime que la Belgique participe à la force présente dans le sud, relèvent les observateurs, tout en rappelant le précédent de la guerre en Libye en 2011, quand le Narcis avait été dépêché en Méditerranée à la suite d'une décision de l'Otan d'y déployer le SNMCMG1. Cette mission devrait durer environ cinq mois, a précisé un responsable militaire à l'agence Belga. Elle était déjà inscrite au plan d'opérations militaires établi pour 2022, a rappelé la Défense.

"Il n'est pas prévu à ce stade d'aller en mer Noire", proche de la guerre en Ukraine, a indiqué une porte-parole militaire, alors que la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, avait évoqué le 13 juillet dernier une éventuelle participation cette année à une opération de déminage dans cette mer fermée en vue de sécuriser les routes empruntées pour le transport de céréales exportées par l'Ukraine. Un porte-parole de la marine néerlandaise a pour sa part indiqué que la flottille, qui fait partie de la force de réaction rapide de l'Otan, pourrait être engagée si nécessaire dans des opérations militaires, comme le déminage.

La Turquie a interdit toutefois depuis fin février le passage du Bosphore et du détroit des Dardanelles à tous les bâtiments de guerre, "riverains ou non de la mer Noire" en invoquant les dispositions de la Convention de Montreux, qui confie à Ankara la gestion de l'accès à ces deux voies maritimes. La Convention de Montreux, de 1936, est un traité régulant strictement la navigation sur le détroit du Bosphore, l'unique voie d'accès naturelle à la mer Noire. Cette Convention oblige notamment la Turquie à autoriser la libre circulation sur ses détroits des navires de commerce et des bâtiments de guerre des pays riverains de la mer Noire, comme la Russie. En outre, les navires de guerre des pays non riverains doivent informer à l'avance Ankara de leur intention de traverser le Bosphore et ne peuvent rester en mer Noire que pour une durée limitée. L'article 19 donne cependant à la Turquie le droit de bloquer les navires de guerre dans le détroit en temps de conflit, sauf s'ils doivent regagner leur base.

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