"Il n’y a actuellement aucune garantie qu’une visite d’Hadja Lahbib en Ukraine soit possible"

Selon l'Ukraine, il n'y a actuellement aucune garantie que la nouvelle ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR) puisse se rendre à Kiev pour le moment. C'est ce qu’a déclaré une source gouvernementale haut placée à un journaliste de la VRT. Le ministre de la Justice et Premier ministre ad intérim Vincent Van Quickenborne (Open VLD) avait pourtant affirmé qu'il n'y avait "aucun problème entre la Belgique et l'Ukraine".

Une source gouvernementale ukrainienne haut placée a informé un journaliste de la VRT que les problèmes entre la nouvelle ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib et l'Ukraine n'ont pas encore été aplanis. 

La cheffe de la diplomatie belge est au centre d'une polémique pour s'être rendue en 2021, en tant que journaliste, en Crimée - une péninsule annexée par Moscou en 2014 - munie d'un visa russe pour assister à un festival culturel. Le fait qu’elle soit passée par la Russie pour se rendre en Crimée pourrait signifier un refus d’entrée en Ukraine.

"La position de l'Ukraine n'a pas changé", a déclaré la source gouvernementale. "Dans sa lettre, notre ministre des affaires étrangères n'a donné aucune garantie selon laquelle la visite à Kiev est possible à ce stade. Nous attendons toujours que la Belgique fournisse une explication pour le voyage en Crimée. Or, aucune explication de ce type n'a été fournie jusqu'à présent."

Cela ne correspond pas à ce que le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) avait affirmé ce dimanche. "Il n'y a aucun problème entre la Belgique et l’Ukraine", avait déclaré Vincent Van Quickenborne (Open VLD), qui assure les fonctions de Premier ministre en l'absence d'Alexander De Croo (Open VLD) en vacances.
 

Echange de lettres

Selon Vincent Van Quickenborne, cela ressort de la réponse à une lettre que Mme Lahbib a envoyée à son homologue ukrainien Dmitro Koeleba pour lui exprimer son soutien à l'Ukraine.

"Il ressort très clairement de cet échange de lettres que l'Ukraine et la Belgique sont sur la même longueur d'onde", a déclaré Vincent Van Quickenborne. "Le plus important est de savoir s'il y a un problème avec l'Ukraine. Parce que c'est de cela qu'il s'agit. Et je peux vous dire qu'il n'y en a pas." Selon lui, la réponse du ministre Dmitro Koeleba montre que Hadja Lahbib est l'interlocutrice belge de Kiev. "Ce qui m'importe, c'est la façon dont elle fonctionne en tant que ministre."

Toutefois, il semble qu'il y ait plus de ressentiment envers Hadja Lahbib que ce que Vincent Van Quickenborne laissait entendre dimanche. En tout état de cause, l'affaire n'est pas encore réglée et il n'est même pas certain que Hadja Lahbib soit autorisée à entrer en Ukraine. Bien que l'Ukraine garde certainement la porte ouverte à une discussion avec la ministre. 

L'Ukraine continue de demander des "explications" sur le voyage en Crimée effectué par Hadja Lahbib.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères souhaite "obtenir plus de détails sur les circonstances de la visite par le biais de contacts diplomatiques et prendre des décisions sur les futurs contacts bilatéraux sur cette base", comme il l'a indiqué précédemment. Cette déclaration se réfère principalement aux contacts personnels avec la ministre Hadja Lahbib, et non à notre pays en tant que tel.

Les journalistes de la VRT n'ont pas été en mesure de consulter la lettre du ministre Koeleba, car elle concerne des informations confidentielles entre ministres. Mais il est clair que cette lettre est interprétée très différemment en Belgique et en Ukraine. La Belgique l’interprète comme un message positif, tandis qu'en Ukraine, il semble que ce soit encore à la Belgique de trouver une solution.
 

Hadja Lahbib confirme son intention de se rendre en Ukraine

La ministre des Affaires Étrangères Hadja Lahbib (MR) a confirmé mardi son intention de se rendre en Ukraine lorsque les conditions le permettront.
"Nous allons préparer ce voyage mais cela ne s'improvise pas. Il faut que le timing soit bon", a-t-elle précisé, interrogée par Belga en marge de sa visite de travail au siège de l'ONU à New-York, consacrée depuis dimanche à la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

La nouvelle ministre des Affaires Étrangères a jugé "regrettable, dans le contexte international actuel, la polémique politico-politicienne nationale" animée par certains autour du contexte de son déplacement en Crimée en 2021, en tant que journaliste, et dont elle ne dit ne s'être "jamais cachée".

"Si j'avais su à l'époque que je serais ministre au cours de l'année suivante, peut-être que j'aurais agi autrement", a-t-elle glissé au passage.

La ministre a confirmé que depuis les informations diffusées (ndlr: la semaine dernière à propos de ce déplacement en Crimée en tant que journaliste) des échanges ont eu lieu au plus haut niveau entre la Belgique et l'Ukraine. "Nous avons réitéré notre confiance mutuelle", a-t-elle dit à ce propos.
 

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