Caroline Pauwels, l'ancienne rectrice de la VUB est décédée

Caroline Pauwels, 58 ans, ancienne rectrice de la VUB (Vrije Universiteit Brussel), est décédée vendredi, elle souffrait d'un cancer de l'estomac et de l'œsophage depuis plusieurs années. Elle avait été contrainte de démissionner de ses fonctions en raison de son état de santé en février dernier.

Professeure en sciences de la communication, Caroline Pauwels a été rectrice de la VUB de 2016 à 2022. Elle était mère de deux enfants.
A côté de ses fonctions de rectrice de la VUB, elle était reconnue comme auteure, scientifique et directrice du centre de recherche SMIT (Studies in Media, Innovation and Technology). Elle était connue pour sa vision libre-exaministe et optimiste du monde, dans laquelle elle reliait de manière transparente humanisme et science.

Caroline Pauwels, est née en 1964 à Sint-Niklaas (Flandre orientale), a étudié la philosophie à l'UFSIA, qui a maintenant fusionné avec l'Université d'Anvers, et les sciences de la communication à la VUB. En 1989, elle a débuté sa carrière académique comme chercheuse au département des sciences de la communication de la VUB et neuf ans plus tard, elle y est devenue professeure.

De 2000 à 2016, elle a été directrice du centre de recherche SMIT, spécialisé dans l'étude des technologies de l'information et de la communication. Elle a également été commissaire du gouvernement à la VRT jusqu'en 2015.

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Humanisme et ouverture d'esprit

Elle a abandonné son poste de directrice du SMIT lorsqu'elle a été élue rectrice de la VUB, en 2016. Son second mandat avait débuté en 2020, elle avait été réélue avec plus de 90 % des suffrages exprimés. Un an plus tard, elle recevait la "médaille d'honneur de la Communauté flamande", "pour son engagement et sa combativité, tant dans sa vie publique que privée".

Caroline Pauwels était appréciée en tant que rectrice en raison de son ouverture d'esprit. La connexion était une priorité pour elle. Elle voulait que la VUB soit davantage liée à Bruxelles. Elle y était parvenue, avec comme point d'orgue la cérémonie de remise des diplômes sur la Grand-Place, une cérémonie commune avec l'ULB.  Elle avait toujours cherché à améliorer la coopération avec l'homologue francophone, l'Université libre de Bruxelles (ULB). Son mandat de rectrice aurait normalement dû durer jusqu'en 2024, mais en février 2022, la maladie l'a contrainte à abandonner ses fonctions.

"Ça passe, mais il reste un surplus"

Le diagnostic de cette maladie, un cancer de l'estomac et de l'œsophage, a été posé à l'été 2019. S'exprimant dans l'émission "De Madammen" sur Radio2, Caroline Pauwels avait déclaré qu'elle ne s'est pas apitoyée sur son sort lorsqu'elle a appris le diagnostic. "Mes premières pensées étaient en fait très pratiques : comment m'y prendre pour l'annoncer aux gens que j'aime ? Ensuite, bien sûr, mes enfants et ma mère me sont venus à l'esprit, mais la première personne que j'ai appelée était ma sœur. Il fallait bien commencer par quelqu’un", a-t-elle déclaré.

Dans l'interview, elle a également parlé de l'"impermanence", une notion qui l'occupait beaucoup : "Je pense que c'est une bonne réflexion. Je pense que c'est bien que les choses ne soient pas permanentes, mais je n'aime pas la décrépitude ni la détérioration. J'aime les gloires du passé, il faut quand même les traiter avec respect". Elle a dit qu'elle pouvait bien vivre avec cette idée d'impermanence grâce à une citation de son grand ami, l'écrivain et poète Josef Deleu : "Ça passe, mais il reste du surplus." (Het gaat voorbij, maar er blijft overschot).

Elle avait décidé de ne pas laisser le cancer régir complètement sa vie, a-t-elle confié au magazine "Feeling", fin 2019. "Je veux que la conversation ne porte pas uniquement sur ce sujet. Les êtres humains ont de multiples facettes. Je ne suis pas seulement une malade du cancer. La maladie a ajouté une dimension à ce que je suis et je dois apprendre à m'en accommoder. J'ai un cancer de l'estomac et de l'œsophage. Il y a des jours tristes et des jours heureux. Point final !"
 

L'étonnement prévaut

Caroline Pauwels avait suivi la devise d'Einstein, elle avait déclaré sur Radio 1. "Il y a deux façons de vivre sa vie. Faire comme si rien n'était un miracle ou que tout est un miracle. J'opte pour la seconde façon." L'émerveillement était au cœur de sa vie.

Selon elle, l'émerveillement était le début de toute sagesse, ce que Socrate proclamait déjà. "Toute merveille commence par une question que l'on pose", disait-elle dans "De inzichten van Caroline Pauwels" (Les intuitions de Caroline Pauwels). C'est pourquoi elle se considèrait chanceuse de vivre à Bruxelles. "À Bruxelles, à chaque coin de rue, vous voyez quelque chose qui peut vous étonner ou vous agacer, mais qui présente en fait un problème scientifique."

Pour CarolinePauwels, il ne fallait pas chercher trop loin : "Pour moi la beauté se trouve dans des choses très ordinaires. J'aime ce premier souffle à l'extérieur". Lorsqu'on lui demandait si nous devions rechercher l'exceptionnel, elle répondait : "Bien sûr, nous devons aussi chérir l'exceptionnel, avec la science comme objectif, mais nous ne devons pas nous permettre de négliger le quotidien".

Notes d'une possibiliste : scientifique et humaniste

Caroline Pauwels attachait une grande importance au "possibilisme". À cet égard, Hans Rosling, qui a inventé ce terme, était son modèle. Hans Rosling était un médecin et professeur suédois qui a publié à titre posthume le best-seller "Factfullness". Après sa mort, il a reçu le titre de docteur honoris causa de la VUB. "Il pensait que le monde ne va pas nécessairement s'améliorer, mais que nous pouvons le rendre meilleur. "Je crois en cela aussi, car bien sûr je crois en la science", avait-t-elle déclaré dans l’émission "De Afspraak" (Canvas) l'année dernière.

Elle avait écrit son propre livre sur le sujet : "Ronduit-Overpeinzingen van een possibilist". (Reflections d'une possibiliste). En raison de ma maladie, je suis devenue encore plus "possibiliste", écrit-elle dans son livre : "J'ai fait l'expérience directe et spirituelle de ce que la science peut faire. Je crois en la science, mais je suis aussi une humaniste. Les deux sont liés."

Les cercles n'ont ni début ni fin. Selon Pauwels, la forme ronde était un remède contre le catalogage et la polarisation du monde qui l'accompagne. C'est pour cela qu'elle s'est décrite de cette manière : rondement. Elle voyait la vie comme un mouvement de cercles : du petit cercle intime aux grands cercles de la société.

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