Ypres: le festival Frontnacht avec des groupes proches de l’extrême droite pourra-t-il avoir lieu ?

Le conseil communal d'Ypres (Flandre occidentale) se penche ce mardi sur la tenue du festival de musique Frontnacht (photo), auquel sont invités des groupes liés au mouvement néonazi. L'événement est organisé samedi en marge de la Veillée de l'Yser (IJzerwake), qui aura lieu dimanche. Le festival est considéré par les services de renseignement européens comme une "menace d'extrême droite", rapporte le quotidien Het Nieuwsblad. Le conseil communal doit donc décider s’il retire, ou non, le permis accordé au festival. Entretemps, le président du parti socialiste Vooruit, Conner Rousseau, a indiqué que les échevins socialistes d’Ypres quitteront le conseil communal si le festival est finalement autorisé.

La Veillée de l'Yser (photo archives) est née de la scission du traditionnel Pèlerinage de l'Yser. L'événement rassemble chaque année des milliers de personnes à Ypres fin août. Cette année, un festival baptisé Frontnacht est prévu la veille, le 27 août. Ce qui a entrainé des protestations depuis le mois de mai, mais les organisateurs ont reçu un permis officiel de la ville. Le Vredescollectief van Ieper - le Collectif pour la paix d’Ypres - s'est intéressé aux groupes qui doivent s'y produire et a constaté que certains textes comportent des incitations à la discrimination, à la violence et à la haine raciale, notamment. Certains groupes auraient des affinités avec des mouvements néonazis ou néofascistes.

Selon Het Nieuwsblad, les services de sécurité s'inquiètent également. "Un document du Search for International Terrorist Entities Institute (SITE Institute), une organisation qui surveille les activités djihadistes, d'extrême gauche et d'extrême droite, classe l'événement comme 'une menace d'extrême droite'. Le document est partagé par plusieurs services de renseignement européens", écrit le journal. Selon la même source, l'autorisation accordée au festival Frontnacht suscite également le mécontentement des pays voisins.

NICOLAS MAETERLINCK

La Ville d'Ypres analysera la question ce mardi. Elle est à l’ordre du jour de sa réunion hebdomadaire. "Des conditions claires ont été établies, comme le fait qu'aucun groupe lié au néonazisme ou néofascisme ne serait autorisé à jouer", a déclaré l'échevin en charge des Evénements, Diego Desmadryl (Open VLD). "Nous avons fait analyser si ces conditions seront respectées par les organisateurs".

L’échevin yprois reconnait également que l’autorisation a été accordée à un moment où le collège échevinal n’était pas au courant des groupes invités. "Nous avons demandé à l’OCAM" - l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace – "d’analyser quels groupes participeront au festival. Sur base de l’avis de l’OCAM nous prendrons notre décision".

L’organisateur du festival Frontnacht a fait savoir qu’il porterait plainte en justice si le permis lui était retiré.

Vooruit menace de quitter la coalition à Ypres

Entretemps, le président du parti socialiste flamand Vooruit met le conseil communal sous pression. "Soyons très clairs : si le conseil communal décidait finalement de vouloir autoriser le podium à des néonazis, ce sera sans l’accord de Vooruit. Nos échevins quitteront alors le conseil communal d’Ypres", déclarait Conner Rousseau (photo archives).

Le co-président des écologistes flamands Jeremie Eeckhout (Groen) avait aussi déjà appelé la bourgmestre yproise Emmily Talpe à prendre ses responsabilités.

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