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Le prix du gaz a diminué de moitié depuis le pic de fin août : cette baisse va-t-elle se poursuivre et quand va-t-elle se ressentir ?

Sur le principal marché à terme néerlandais, le prix du gaz est passé lundi sous la barre des 170 euros par mégawattheure alors qu'il était encore supérieur à 300 euros à la fin du mois d'août. Ce prix est cependant toujours un multiple de ce qu'il était avant la guerre en Ukraine. Si le prix reste encore élévé, cette baisse va-t-elle se poursuivre et surtout quand le consommateur va-t-il la ressentir sur sa facture de gaz ?

Pourquoi le prix du gaz baisse-t-il ?

L'approvisionnement en gaz de l'Europe suscite un peu moins d'inquiétude, notamment grâce aux importantes livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qui remplacent le gaz russe acheminé par gazoduc. Davantage de gaz provient également de Norvège, maintenant que des travaux de maintenance y sont terminés.

"Il y a beaucoup de psychologie en jeu dans l'évolution du prix du gaz", explique Moniek de Jong, experte en énergie à l'université de Gand (UGent). "Il y a maintenant moins de mauvaises nouvelles concernant ce gazoduc et plus de bonnes nouvelles. L'Europe travaille sur un plan énergétique et souhaite également réduire sa consommation. On parle d'un plafonnement des prix et les stocks de gaz ont été reconstitués dans une large mesure. Tout cela contribue à un sentiment positif et le marché y répond."

Ou comme le décrit le journaliste de la VRT spécialisé en énergie Luc Pauwels, "l'impact de Poutine sur le prix du gaz commence à s'atténuer un peu. La fermeture effective du Nord Stream 1 n'a plus guère d'impact. Il reste fermé mais le prix continue de baisser."

Il semble donc que les très mauvaises nouvelles - russes - concernant l'approvisionnement en gaz aient été prises en compte dans le prix et que les opérateurs se tournent maintenant vers l'avenir et se concentrent sur ce que l'Europe fera sur la question de l'énergie. Enfin, nous n'importons aujourd’hui que 9 % de notre gaz de Russie. Or nous venons de 40 %.

Nous pouvons commencer à ressentir la baisse des prix maintenant, mais pas encore sur notre facture d’acomptes. En effet, la plupart des gens paient en 12 versements et reçoivent une facture finale au bout d'un an. Ce n'est qu'alors que vous saurez ce que vous ont coûté 12 mois de chauffage et d'eau chaude.

En effet, les fournisseurs d'énergie calculent un prix moyen par mois et commence à le multiplier par la consommation du mois. Ainsi, si le prix du gaz pour l'ensemble du mois de septembre est nettement inférieur (et il y a de fortes chances pour que ce soit le cas), les personnes ayant un contrat variable paieront déjà moins en octobre qu'un mois plus tôt. Nous ne le remarquerons donc pas immédiatement sur notre facture anticipée.

Dois-je alors déjà adapter ma facture anticipée au prix réduit ? C'est dangereux, car le marché européen de l'énergie reste très fragile. Quels sont les plans européens qui seront effectivement mis en œuvre ? Et si les 9 % de gaz russe baissent aussi ? Et surtout,  fera-t-il très froid ou très doux cet hiver ?

Cette baisse de prix va-t-elle se poursuivre ?

Cela nous amène immédiatement à la question importante : le prix du gaz va-t-il encore baisser ? De nombreux pays européens dépendant du gaz russe ont déjà fermement reconstitué leurs stocks de au cours des derniers mois. Pour l'ensemble de l'Europe, ces stocks sont en moyenne remplis à 85 %, l'Allemagne atteignant même 90 %.

Cette frénésie d'achat a d'ailleurs été l'une des causes de la hausse du prix du gaz cet été. Les stocks se remplissant progressivement, la concurrence européenne interne joue un rôle moins important.

Mais la météo reste un facteur incertain. En cas d'hiver très froid, les stocks pourraient s'avérer insuffisants et des achats de panique pourraient à nouveau faire grimper les prix. D'autre part, plusieurs pays ont déjà des plans prêts pour le cas où l'hiver frapperait fort à nos portes.

Ces préparatifs garantissent un calme relatif sur le marché du gaz. "C’est un bon signal", décrit l'experte Moniek de Jong. "Le travail se fait, les mesures sont reçues positivement, on est plus rassuré".
 

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