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La Belgique libère 800.000 euros pour l'aide au développement démocratique de l'Ukraine

Dans un entretien accordé à l’agence de presse Belga, la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (photo) a indiqué que la Belgique a débloqué un budget spécial de 800.000 euros en faveur d'un nouveau programme de soutien à l'Ukraine dans son processus de démocratisation, menée par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

La cheffe de la diplomatie belge a effectué mercredi et jeudi un voyage de deux jours à Vienne, en Autriche, avec un passage par la capitale slovaque Bratislava. Le siège de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ainsi que celui de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) se situent dans la capitale autrichienne, permettant des rencontres diplomatiques à ces niveaux. Depuis le début du mois de septembre, la Belgique a pris pour quatre mois la présidence tournante du Forum pour la coopération sécuritaire (Forum for Security Co-operation), cet organe de l'OSCE dont le rôle est d'accroître la sécurité et la stabilité militaires en Europe.

A Vienne, la ministre Lahbib a mis l'accent sur les violences faites aux femmes. L'OSCE a la particularité de toujours accueillir en son sein des États en proie à un conflit armé : Arménie et Azerbaïdjan, Russie et Ukraine. "Ce serait une erreur d'exclure la Russie de cette dernière instance où il existe une possibilité de communication", a jugé la ministre dans son entretien, saluant l'expertise de l'OSCE dans la région.

Outre les 800.000 euros de soutien à l'Ukraine débloqués via un "budget spécial", afin de contourner l'unanimité requise à l'OSCE, Hadja Lahbib a annoncé un montant belge de 300.000 euros consacré au mécanisme dit "de Moscou". Celui-ci vise à enquêter sur les allégations de graves violations des engagements pris par les États dans le cadre de l'OSCE.

Le directeur général de l'AIEA Rafael Mariano Grossi à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia (photo archives)
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La ministre des Affaires étrangères a aussi rencontré le directeur général de l'AIEA Rafael Mariano Grossi, avec qui elle a discuté de la situation autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia. "Cette région est concernée par les référendums russes que l'on peut qualifier de 'mascarades'. J'ai reçu des confirmations que, sur place, les Russes allaient chercher les gens avec des militaires armés et que le vote n'était pas secret. Quelque 10.000 Ukrainiens travaillent pour les six réacteurs de la centrale. Ils risquent de passer sous contrat russe. Les experts de l'AIEA plaident pour le maintien de ces équipes. Nous appelons aussi la Russie à cesser toute activité militaire autour de Zaporijjia et sur tout le territoire ukrainien."

Hadja Lahbib a aussi rencontré ses homologues autrichiennes et slovaques. Avec la ministre autrichienne des Affaires européennes Karoline Edtstadler, elle a exprimé un message de soutien aux femmes iraniennes. Cette vidéo faisait suite à une déclaration commune des 13 femmes ministres des Affaires étrangères et européennes, écrite à l'initiative de l'Autriche et de la France, à la suite de la mort de la jeune Iranienne Mahsa Amini. "Nous exhortons l'Iran à mettre fin à la violence contre les manifestations pacifiques. Partout où les droits humains sont violés, nous devons agir", ont déclaré les treize ministres européennes.

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