La famille de Yannick V., tué par la police lors d'une perquisition à Merksem, dépose plainte pour meurtre

La famille de Yannick V. (36 ans), abattu par la police lors d'une perquisition à son domicile la semaine dernière à Merksem (Anvers), va porter plainte avec constitution de partie civile pour meurtre. "Nous espérons une enquête objective et déterminée sur les véritables circonstances de sa mort", a fait savoir mardi dans un communiqué de presse leur avocat John Maes.

La famille de Yannick V. conteste ainsi fermement l'image qui est donnée de leur proche. "Avec une profonde tristesse mais aussi avec une grande colère, nous devons assister impuissants à la manière dont certaines personnes salissent la mémoire de notre fils et frère bien-aimé. Il est décrit à tort comme étant d'extrême droite, raciste et même comme un danger pour notre société."

Yannick V. était, selon eux, un homme sociable, soucieux de sa famille et de ses amis. En tant que marchand de métaux précieux, il était en contact avec une grande diversité de personnes qui l'appréciaient et avec lesquelles il avait souvent noué des liens d'amitié. C'était un amateur d'armes à feu et un collectionneur qui jouissait, selon sa famille, d'une réputation irréprochable et, de ce fait, était également président d'une association de tireurs sportifs.

"Sa mort soulève de nombreuses questions"

"Yannick avait ses idées et ses opinions et les exprimait ouvertement mais sans vouloir blesser quiconque ou faire du mal à qui que ce soit. Sa mort violente à la suite d'une action policière incompréhensible de notre point de vue soulève de nombreuses questions."

La famille de l'intéressé a donc chargé son avocat, Me John Maes, de déposer plainte avec constitution de partie civile pour meurtre et espère une enquête objective et déterminée sur les circonstances réelles de sa mort.

"Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes pour leurs messages de sympathie et nous espérons avec eux une réhabilitation de Yannick. Nous demandons aux médias de respecter notre vie privée afin que nous puissions dire au revoir à notre fils et frère en toute sérénité", concluent-ils.
 

Les suspects qui planifiaient une possible attaque contre l'Etat restent en prison

La chambre du conseil d'Anvers a confirmé mardi les mandats d'arrêt d'Igor G. et Marc D. Ils ont été interpellés la semaine dernière lors de dix perquisitions dans le milieu de l'extrême droite, au cours desquelles une grande quantité d'armes et de munitions a été trouvée. Ils auraient voulu perpétrer une attaque contre le gouvernement, mais leurs avocats contestent cette version.

"A la lecture du dossier, je ne trouve aucun élément qui prouverait qu'il était en train de préparer une attaque", estime Me Ergün Top, conseil d'Igor G. Marc D. conteste également, par la voix de son avocat Me Kris Luyckx, toutes les charges. "Un acte terroriste n'était absolument pas à l'ordre du jour. On a trouvé des armes mais le mobile idéologique est absent."

Igor G. et Marc D. sont des survivalistes. Ils se préparaient à la fin du monde en faisant des réserves de victuailles, d'armes et d'argent liquide. "Si on devait emprisonner toutes les personnes ayant ce genre d'opinion, il faudrait construire de nouvelles prisons", estime Me Luyckx.

"De telles opinions ne sont en effet pas illégales. Ils ont échangé des informations sur les endroits où acheter des appareils de chauffage au kérosène bon marché ou où entreposer le bois. C'est de cela qu'il s'agit. On n'a pas trouvé d'armes chez mon client", fait valoir Me Top qui fera probablement appel de la décision de la chambre du conseil.
 

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