AFP or licensors

Alexander de Croo à Prague pour la première réunion de la "Communauté politique européenne"

Les chefs d'État et de gouvernement d'une quarantaine de pays se sont retrouvés jeudi en milieu de journée à Prague (Tchéquie) pour la première réunion de la Communauté politique européenne (CPE), nouveau forum de dialogue et de coopération initié par l'UE mais qui en dépasse les frontières.

Pour le président français Emmanuel Macron, qui a donné le véritable élan de cette initiative en mai dernier, cette réunion a pour objectif de "montrer un message d'unité de notre Europe", a-t-il déclaré à son arrivée au Château de Prague, où 44 chefs d'État et de gouvernement ont été invités, sur fond d'invasion russe de l'Ukraine et de crise énergétique.

Il s'agit de "bâtir une intimité stratégique avec les pays européens, qu'ils soient membres ou non de l'UE, (...) une conversation stratégique qui jusqu'à présent n'existait pas vraiment et pouvait donner lieu à des divisions". "Et, je l'espère, en sortir des projets communs" au gré de ces réunions appelées selon lui à se répéter tous les six mois.

"Certains sont des pays de l'UE, d'autres sont dans des procédures d'accession, d'autres viennent de quitter l'UE ou ne souhaitent pas du tout y accéder. Mais nous partageons tous un même espace, souvent d'ailleurs une même histoire, et nous avons vocation à écrire ensemble notre avenir, c'est ça l'objectif de cette Communauté", a exposé le dirigeant français devant les journalistes.

En plus des 27 États membres de l'UE, 17 autres pays ont été invités dans la capitale tchèque, du Royaume-Uni à la Turquie, en passant par la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les pays des Balkans occidentaux ou encore la Suisse et la Norvège. Sans surprise, les thèmes au menu des échanges sont la paix et la sécurité, ainsi que des défis communs tels que l'énergie, la migration et le climat.

Tout le continent européen est ici, sauf la Russie et la Biélorussie
Alexander De Croo, Premier ministre belge

Cette première réunion a une charge symbolique non négligeable, a commenté le Premier ministre belge Alexander De Croo, à son arrivée. "Il suffit de regarder qui est présent. Tout le continent européen est ici, sauf la Russie et la Biélorussie. Cela montre combien ces deux pays sont isolés". Le fait que plusieurs pays ont déjà exprimé leur intérêt à organiser une prochaine réunion de la CPE souligne à ses yeux la nécessité d'un tel forum.

Interrogé sur la diversité des participants, le chancelier allemand Olaf Scholz a quant à lui considéré que tous s'accordaient sur le rejet de l'invasion russe de l'Ukraine. "Ceux qui se réunissent ici savent que l'agression russe de l'Ukraine est une violation brutale de l'ordre sécuritaire et de la paix, et il est important que nous rejetions cette agression, que nous n'acceptions pas qu'une portion d'un pays limitrophe puisse être annexée".

Toutefois, le chancelier a émis des réserves sur une éventuelle évolution du forum en une nouvelle institution internationale. "Il ne s'agit pas de créer une nouvelle institution, dotée d'une administration, d'une bureaucratie", a-t-il dit, insistant sur la plus-value pour les dirigeants "de se parler de manière très concrète".

Les travaux ont débuté par une brève plénière qui devait être suivie de tables rondes. Alexander De Croo participera à celle sur la crise énergétique et la situation économique, avec entre autres le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store. Aucune déclaration commune n'est prévue au terme de la journée.

 

Les plus consultés