Jan Jambon admet demander parfois à son chauffeur de rouler trop vite : "De temps en temps il faut pouvoir prendre un risque"

Le ministre président flamand Jan Jambon (N-VA) demande parfois - ou plutôt "rarement" - à son chauffeur de rouler trop vite, a-t-il admis hier dans l'émission "De tafel van vier" sur Play4. "Une fois de temps en temps, il faut juste dire : "nous allons prendre le risque'", a-t-il déclaré. Au Vlaamse Stichting Verkeerskunde (VSV), l'organe flamand de la gestion de la circulation, on trouve cette déclaration “regrettable". "C'est ainsi que vous mettez les autres usagers en danger", estime Werner De Dobbeleer.

Lors de l’émission "De tafel van vier" sur Play4, le marathon contre la vitesse sur les routes était évoqué mercredi soir. Le ministre président flamand Jan Jambon (N-VA), qui était l'invité, a fait l'éloge de son chauffeur, qui, selon lui, conduit "très prudemment". Mais que se passerait-il s'il reçoit, quand même, une amende, s'est demandé le présentateur Gert Verhulst.

"Honnêtement, parfois,  je donne des consignes pour qu'on arrive plus vite quelque part, et alors on pourrait avoir une amende ...". Gert Verhulst a répondu avec surprise : "Est-ce que vous donnez parfois l'ordre à votre chauffeur de rouler trop vite ?". Jan Jambon a répondu : "Très rarement. Mais ce serait mentir si je... une fois de temps en temps, il faut pouvoir se dire qu'on va prendre le risque."

"De tels propos sont un peu regrettables", a déclaré Werner De Dobbeleer, de l’organe flamand de la gestion du trafic dans "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). "Conduire trop vite n'est jamais bon, vous mettez les autres usagers de la route en danger en agissant ainsi. La limite de vitesse est aussi une limite de sécurité".
Werner De Dobbeleer souligne que, surtout dans un pays comme la Belgique, on ne gagne guère de temps si on roule trop vite. "L'exemple classique est un tronçon de Bruxelles - Ostende. Si vous parcourez ce trajet à 140 au lieu de 120 kilomètres à l’heure - c'est-à-dire largement au-dessus de la vitesse autorisée - vous gagnez à peine quelques minutes sur l'ensemble de ce tronçon d'une centaine de kilomètres".
 

Ce n'est pas la première fois

Ce n'est pas la première fois que Jan Jambon est associé à des excès de vitesse. En 2016 - alors qu'il était ministre fédéral de l'Intérieur - sa voiture avait été flashée à 150km/h. Sa réponse avait alors été : c'était la faute du chauffeur. "Il n'y a pas d'excuses pour cela", avait-il répondu à l'époque. J'ai une fonction de modèle et j'en suis conscient. Je ne veux pas que le code de la route soit enfreint."

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