La justice va comparer de l’ADN trouvé chez Dutroux à celui de Tanja Groen disparue en 1993

La police et la justice néerlandaise enquêtent sur la possible implication du tueur en série belge Marc Dutroux (photo archives) dans la disparition de l'étudiante néerlandaise Tanja Groen (alors âgée de18 ans) en 1993 à Maastricht. Cette ville du sud-est des Pays-Bas est située non loin de la frontière belge. A la demande de la justice néerlandaise, la justice belge va comparer l’ADN de l’étudiante avec de l’ADN féminin inconnu retrouvé dans les caves et les camionnettes du pédophile. Le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne, précisait aussi à la télévision néerlandaise que le parquet-général de Liège apportera sa collaboration à l’enquête aux Pays-Bas.

Le ministre Van Quickenborne a souligné, sur le plateau de l’émission "Op 1", que le directeur de la Cellule Personnes disparues, Alain Remue, avait déjà envisagé en février dernier un lien éventuel entre la disparition de l’étudiante Tanja Groen et la manière dont Marc Dutroux capturait ses victimes. Van Quickenborne espère "que 30 ans après les faits la vérité puisse refaire surface".

Une demande d'assistance juridique a été déposée en Belgique, dans laquelle la justice néerlandaise demande de comparer l'ADN féminin inconnu trouvé dans les maisons et les camionnettes de Dutroux avec celui de Tanja Groen. Les résultats seront transmis "dans les plus brefs délais" au parquet du Limbourg néerlandais, précise le procureur général Jean-Baptiste Andries du parquet de Liège. Des devoirs d'enquête sont également effectués.

La cellule "cold case" de la police du Limbourg néerlandais s'est entretenue avec divers témoins. Les enquêteurs examinent aussi si les faits et circonstances entourant la disparition de Tanja Groen peuvent être liés à Marc Dutroux. Ses méthodes, la façon dont il enlevait des filles et les embarquait avec leur vélo dans une camionnette, pourraient correspondre à la façon dont a disparu Tanja Groen, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1993, alors qu’elle suivait une semaine d’introduction à l’université de Maastricht. Son vélo n’a jamais été retrouvé.

Marc Dutroux avait choqué la Belgique toute entière dans les années 1990, et bien au-delà de nos frontières, lors de la découverte de ses enlèvements, séquestrations et viols de six fillettes et adolescentes (Julie Lejeune, Mélissa Russo, An Marchal, Eefje Lambrecks, Sabine Dardenne et Laetitia Delhez). Quatre d’entre elles n’ont pas survécu. Dutroux a été condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité.

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La maison de Marc Dutroux à Marcinelle, où des caches d'enfants ont été retrouvées

Un million d’euros pour un tuyau en or

D’après la Fondation Peter R. de Vries - du nom du journaliste néerlandais spécialisé dans les affaires criminelles assassiné en juillet 2021 à Amsterdam - "le rôle éventuel de Marc Dutroux est régulièrement étudié ces dernières années par l’équipe de police néerlandaise qui se penche sur des affaires de meurtres ou disparitions qui n’ont toujours pas pu être élucidées (cold cases)". Le journaliste d’investigation avait créé cette fondation peu avant sa mort, pour rassembler des fonds à attribuer à la personne qui pourrait fournir le tuyau en or permettant d’élucider la disparition de Tanja Groen.

Bien qu’une somme dépassant le million d’euros ait ainsi pu être récoltée, l’affaire reste sans réponse. En janvier 2020, les enquêteurs médico-légaux recherchaient encore des restes humains de Tanja Groen dans un cimetière de Maastricht. La Cellule "cold case" avait en effet reçu des informations nouvelles et très concrètes. Mais les fouilles n’ont mené à rien.

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