Expédition Simon Stevin : plus de plastiques dans l’Escaut que dans la mer du Nord

Une étude de l’Institut flamand pour la mer (Vlaams Instituut voor de Zee, Vliz) menée à bord du navire de recherches Simon Stevin a révélé que l'Escaut contient plus de micro- et macroplastiques que la mer du Nord. Ils sont en effet moins évacués vers la mer que les scientifiques ne le pensaient. Les déchets sauvages, le changement climatique et la perte de la biodiversité ont été étudiés lors de l'expédition Simon Stevin, qui revenait ce vendredi dans le Canal de Willebroek avec de premiers résultats. Cette opération a été réalisée dans des eaux salées, saumâtres ou douces. C'est la première fois que ces éléments sont cartographiés. Il s’agit d’informations cruciales pour une politique de l’eau à long terme, l’un des objectifs des Nations Unies pour 2030.

Les déchets sauvages, le changement climatique et la perte de biodiversité sont, selon l'Institut flamand pour la mer, les trois grands défis de notre époque. Les eaux douces intérieures en souffrent tout autant que les océans et les mers. L'expédition Simon Stevin a constaté ces trois composantes dans la mer du Nord, mais aussi dans l'Escaut occidental et l'Escaut oriental durant cette semaine de recherche.

Les concentrations en micro- et macroplastiques durant l'expédition ont montré des différences entre les eaux salées, saumâtres et douces. Les nombres de micro- et macroplastiques dans les parties douces de l'Escaut sont quatre à huit fois plus élevées dans les eaux de surface que dans la partie saumâtre et salée. Les différences sont plus faibles dans les fonds marins ou fluviaux. Les chiffres démontrent que des fleuves comme l'Escaut sont plus contaminées par les matières plastiques que la mer du Nord.

Lors de l'expédition, les chercheurs ont aussi effectué des relevés pour mesurer les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane dans l'eau. Les mesures de CO2 ont indiqué de grandes différences de concentration entre la mer du Nord et les parties douces ou saumâtres de l'estuaire de l'Escaut. Les valeurs dans l'eau douce sont plus de cinq fois plus élevées que dans la mer. C’est dû au fait que l'eau douce est moins capable d'absorber les acides.

Selon le Vliz, ces mesures sont nécessaires notamment pour pouvoir estimer l'effet de la transformation des sols sur les émissions de gaz à effet de serre et parvenir à des modèles et des prévisions plus fiables.

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