Détenu en Iran depuis 9 mois, Olivier Vandecasteele a entamé une grève de la faim

Le travailleur humanitaire belge de 41 ans (photo archives/actuelle), détenu arbitrairement en Iran depuis le mois de février et dont l'état de santé s'est nettement dégradé, a entamé une grève de la faim pour protester contre le traitement "inhumain" dont il est victime dans la prison Evin près de Téhéran. Comme en juillet dernier déjà, sa famille et ses proches s'alarment. Ils demandent la libération d’Olivier Vandecasteele et des conditions de détention humanisées jusqu’à sa libération.

Les services consulaires belges ont pu s'entretenir avec Olivier Vandecasteele lundi, à l'issue de sept semaines sans nouvelles du travailleur humanitaire. Il ressort de cet entretien que le Belge, arrêté le 24 février à Téhéran pour des raisons qui restent très troubles, cumule désormais "278 jours en isolement complet dans une cellule en sous-sol sans fenêtre et éclairée en permanence". Ces conditions "inhumaines" sont "équivalentes à de la torture selon la définition de l'ONU", affirme sa famille.

"Ses problèmes de santé se multiplient avec notamment une perte de poids importante, la formation de poches de sang aux orteils, la perte des ongles, des problèmes dentaires et gastriques inquiétants", décrit le communiqué. Cette situation a "sérieusement entamé ses grandes capacités de résistance et son état psychologique", s'inquiète encore ses proches, précisant qu'Olivier Vandecasteele "a débuté une grève de la faim depuis deux semaines et ne s'alimente plus que de pain et d'eau le matin".

L'entretien a également permis à Olivier Vandecasteele d'informer les services consulaires qu'il avait comparu devant un tribunal sans que les autorités belges et ses avocats iraniens n'en soient informés. Durant cette audience, l'ensemble des charges qui pèsent contre lui ont été retenues, sans que l'on connaisse, à l'heure actuelle, la nature exacte des charges en question.

La famille et les proches d'Olivier demandent donc aux autorités iraniennes "de faire preuve de mesure et d'équilibre dans le traitement infligé à Olivier", notamment en levant son isolement, en le mettant dans une cellule avec fenêtre, en permettant des visites consulaires et de sa famille jusqu’à sa libération. Au gouvernement belge, les poches demandent de tout mettre en œuvre pour le faire libérer.

Le gouvernement défend un projet controversé de traité belgo-iranien sur le transfèrement mutuel de condamnés comme étant le seul moyen d'obtenir la libération d'Olivier Vandecasteele. Ce texte a été approuvé par la Chambre le 20 juillet et par les députés iraniens le 3 août.

Mais en Belgique, une organisation d'opposition iranienne (National Council of Resistance of Iran) attaque ce traité. La cour d'appel l'a bloqué. La Cour constitutionnelle doit maintenant statuer sur sa suspension pour le 8 décembre. En cas de suspension, la Cour prendra trois mois supplémentaires pour statuer sur l'annulation du traité. La famille d'Olivier Vandecasteele craint en outre que la situation très tendue en Iran, n'incite le gouvernement belge à temporiser.

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