Le CD&V veut suspendre les allocations de chômage après 3 ans "pour ceux qui disent ne pas vouloir travailler"

Interviewé ce dimanche midi dans l’émission De Zevende Dag (VRT), le président des démocrates-chrétiens flamands Sammy Mahdi (photo) a indiqué que le CD&V voudrait pouvoir suspendre le droit aux allocations de chômage aux personnes en recherche d'emploi qui, au bout de trois ans, n'auraient pas retrouvé du travail. "Si elles indiquent qu’elles ne veulent plus travailler, il faut pouvoir leur dire qu’elles n’ont plus droit aux allocations", estime Mahdi. C’est la première fois que le CD&V affiche un point de vue aussi dur à propos d’économies dans la sécurité sociale. Sammy Mahdi a également plaidé en faveur de cours de néerlandais obligatoires pour les demandeurs d'emploi qui ne maîtriseraient pas assez la langue.

Le président du CD&V a défendu ce dimanche deux propositions concrètes concernant le marché du travail et qui entrent dans un plan plus général annoncé récemment. Ce plan de réformes destiné au fédéral sera présenté jeudi. La première proposition touche à la dégressivité des allocations de chômage, que Sammy Mahdi entend renforcer. Il ne se dit pas opposé à ce que ces aides soient temporairement plus élevées, mais elles doivent ensuite rapidement baisser puis s'éteindre au bout de trois ans, estime-t-il. Il justifie cette position par les chances moindres, selon lui, pour une personne sans emploi de retrouver du travail au-delà de cette période.

Concrètement, Sammy Mahdi veut qu'une discussion ait lieu avec la personne en recherche d'emploi six mois avant l'échéance des trois ans. Si elle ne n'accepte pas la dernière offre qui lui est présentée, elle perdrait alors ses droits aux allocations de chômage. Son suivi passerait en outre aux mains des pouvoirs locaux. Le Bruxellois ajoute que les Régions recevraient les ressources nécessaires pour assurer ce suivi.

"Il faut que le fait de travailler rapporte davantage que de ne pas travailler", déclarait Mahdi sur le plateau du Zevende Dag. "Actuellement, la Belgique est championne du monde dans le domaine de l’imposition sur le travail, mais nous avons l’intention de nous attaquer à ce problème". Une ambition qui figure aussi dans l’accord de gouvernement. Le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé qu’un plan de réformes devrait être prêt en mars 2023. Une réforme fiscale doit, notamment, aider à parvenir à un taux de 80% d’emploi dans le pays.

Le président du MR George-Louis Bouchez avait déjà laissé entendre qu’il était favorable à une limitation dans le temps des allocations de chômage. Quant au président de la N-VA, Bart De Wever (photo), il indiquait vouloir faire des économies dans la sécurité sociale. "La Belgique est le seul pays où il est possible d’être chômeur éternellement", avait déclaré De Wever samedi dernier dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1.

Cours de néerlandais obligatoires

La deuxième proposition de Sammy Mahdi concerne la maîtrise des langues, alors qu'un quart des personnes en recherche d'emploi ne parlent pas suffisamment le néerlandais pour faire valoir cet atout sur le marché du travail. Les cours de néerlandais, dispensés par l'office flamand pour l'emploi (VDAB), doivent alors devenir obligatoires, défend le président du CD&V. En cas de refus, la personne serait sanctionnée.

Ces cours de langue feraient partie d’une série de propositions concrètes qui devraient aider les pouvoirs locaux à accompagner les chômeurs vers un nouvel emploi, soulignait encore Sammy Mahdi.

Les plus consultés