James Arthur Photography

Vooruit avance son élection présidentielle et veut battre le Vlaams Belang aux élections de 2024

Le parti socialiste flamand avance la tenue de son élection présidentielle de six mois. Le scrutin devait normalement se dérouler à l'automne 2023, mais les responsables du parti se sont rendu compte que cela tombait au milieu de la campagne pour les élections de 2024. Réuni en congrès (photo) samedi à Gand (Flandre orientale), Vooruit a suivi la proposition de son président actuel, Conner Rousseau, d'anticiper de six mois l'élection présidentielle. Rousseau a d’autre part souligné que son parti allait tout faire pour battre le Vlaams Belang aux élections de 2024. "Laisser les extrêmes aux commandes est une expérience dangereuse", estime le socialiste flamand.

Conner Rousseau et la vice-présidente Funda Oru ont été désignés en 2019 à la tête de la formation qui s'appelait alors encore SP.A. Ils sont candidats à leur propre succession. D'autres membres peuvent encore se présenter pour l'élection initialement prévue en novembre 2023. Cette échéance a cependant été modifiée à la suite du Congrès du Vooruit de samedi, afin de permettre au parti de se concentrer pleinement sur la campagne électorale en vue de 2024, année qui verra le citoyen se prononcer sur différents niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communal et européen).

"Nous pourrons ainsi, durant un an, rassembler notre énergie afin de remporter les élections", a expliqué Conner Rousseau. Le président des socialistes flamands croit dans les chances de sa formation, comme en atteste le slogan utilisé samedi "ROOD tot 24" (‘Rouge jusqu’en 2024’). "En trois ans, Vooruit est devenu leader de la gauche et du centre", avance Rousseau.

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D'après les sondages, le parti socialiste flamand a en effet le vent en poupe. Après avoir connu un bas historique aux élections de 2019, Vooruit dépasse aujourd'hui les 16%. Ce qui donne du courage aux socialistes. "Pour la première fois depuis longtemps, nous pouvons vraiment l'emporter", estime le président fraîchement trentenaire, qui bénéficie lui-même d'une belle cote de popularité.

De façon surprenante, Rousseau (photo) n'enterre cependant pas le parti d’extrême droite (qui remportait 25,5% des voix lors du dernier sondage sur les intentions de vote, commandé par plusieurs médias) et a même mis en garde contre le danger qu'un gouvernement avec le Vlaams Belang pourrait représenter. "Une majorité en Flandre avec l'extrême droite n'est plus de la science-fiction. Et ne vous méprenez pas: si le Vlaams Belang et la N-VA sont majoritaires au Parlement flamand et qu'ils bloquent complètement le pays, personne ne peut prédire ce qui se passera. Pas même Bart De Wever. On peut juste espérer que le pays ne bascule pas totalement dans le chaos. La Flandre ne doit pas devenir la Hongrie de la mer du Nord."

Conner Rousseau reprenait aussi l’exemple de l’Italie et de la Pologne "où l’extrême-droite dirige depuis des années, au prix de la liberté, de la vie privée et de la prospérité des gens qui travaillent".

Le Vlaams Belang répond

“Je pense que beaucoup de Flamands se rendent en Hongrie en voyage. C’est donc que la situation n’y est pas si mauvaise", réagissait laconique Tom Van Grieken (photo archives), le président du Vlaams Belang. "Je constate tout bonnement que nous sommes le parti à battre aux élections de 2024. Nous voulons donner la préséance à nos citoyens et chaque sondage des intentions de vote démontre que les gens nous soutiennent sur ce point".

"Je sens que tous les partis ont peur qu’il y ait enfin des politiques au pouvoir qui veulent réellement mettre en œuvre ce qu’ils ont promis à leurs électeurs. Ce serait une réelle révolution ", ajoutait Van Grieken au micro de VRT NWS. Il soulignait aussi que Vooruit siège déjà dans le gouvernement fédéral et peut donc déjà changer des choses. "Pourquoi est-ce qu’il ne nettoie pas Molenbeek, ne veille pas à ce qu’il y ait moins de migration et n’arrête pas la distribution d’argent à l’étranger ? Il est aux commandes. Si Vooruit veut reprendre des votes au Vlaams Belang, il devra enfin mener une politique convenable".

Et si le Vlaams Belang devenait effectivement le plus grand parti en Flandre après les élections de 2024, mais qu’aucun autre parti ne voulait collaborer avec lui par respect du cordon sanitaire ? "Nous sommes un parti très créatif et si nous étions effectivement devenus le plus grand parti nous n’exclurions personne et irions parler avec tout le monde pour donner enfin aux Flamands une politique plus à droite et plus flamande", concluait Tom Van Grieken.

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