La célébration de la victoire du Maroc au Mondial a de nouveau dégénéré à Bruxelles et à Anvers
La police a dû intervenir mardi soir dans le centre-ville de Bruxelles, où les célébrations à la suite de la victoire du Maroc face à l'Espagne en huitièmes de finale de la Coupe du Monde ont finalement dégénéré. Les célébrations ont également dégénéré à Anvers où des projectiles ont notamment été lancés en direction du poste de police du Kiel et d'agents. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, notamment pour port d’arme prohibée et pour l’incendie de poubelles.
A Bruxelles, la fête avait débuté dès la fin de la séance de tirs au but qui a vu le Maroc se qualifier pour les quarts de finale. Dès 19h00, le boulevard du Midi a été fermé au trafic, tant vers la porte d'Anderlecht que vers la porte de Hal.
Des rassemblements se sont rapidement formés dans les quartiers Lemonnier, Dansaert, Etangs Noirs à Molenbeek et Pavillon à Schaerbeek.
Une chaîne humaine de supporters a longtemps permis d'empêcher la confrontation entre quelques fauteurs de trouble et la police, mais les forces de l'ordre ont finalement dû réagir face aux jets de projectiles du côté de la gare du Midi. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés.
A 20h35, un container a été incendié boulevard Poincaré. Une autopompe a éteint les flammes en attendant l'arrivée des pompiers.
La police a procédé à l’interpellation de 119 fauteurs de troubles, 5 d’entre eux devront comparaître devant le juge d’instruction.
"C'est une double image", a déclaré le correspondant de la VRT, présent sur place. "D'un côté, vous voyez et entendez des supporters qui font la fête, mais 200 mètres plus loin, il y a des émeutes et la police doit utiliser les gaz lacrymogènes. Il y a aussi de nouveau quelques incendies. La police a pourtant tenté de calmer les esprits."
À 22 heures, le calme est largement revenu. "Les habitants sont en colère contre les émeutiers. Ils sont heureux que le Maroc ait gagné le match, mais ils disent que ces émeutes n’ont plus rien à voir avec le football."
Des chaînes humaines pour empêcher les émeutes
Au début de la Coupe du monde, de violentes émeutes ont eu lieu sur l'avenue Maurice Lemonnier (le prolongement du Boulevard Anspach) et près de la gare du Midi de Bruxelles. Les émeutiers ont laissé une traînée de destruction dans leur sillage. Les violences avaient alors commencé lors du match de la Coupe du monde entre la Belgique et le Maroc.
Mais lors du match suivant du Maroc, les émeutes et le vandalisme ont été limités, grâce notamment aux volontaires qui ont formé des chaînes humaines pour empêcher les destructions et les confrontations. Cette solution éprouvée a encore été appliquée à plusieurs endroits la nuit dernière, mais pas partout avec le même succès.
Le bourgmestre de de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) et le chef de la police de Bruxelles Michel Goovaerts ont tenu à remercier via les réseaux sociaux les "anciens" du quartier Lemonnier, qui, comme jeudi dernier ont formé une chaîne humaine et ont tenté de calmer les esprits le plus longtemps possible.
"J'ai pris spontanément l'initiative", a déclaré le restaurateur bruxellois Hicham Achrayah qui a contribué à la formation d'une telle chaîne humaine. "Pour montrer aux gens que nous aimons le sport, pour les protéger et pour montrer que le sport est une fête. Les émeutiers sont en minorité. C'est une minorité qui veut perturber la fête."
A Bruxelles, des centaines de personnes ont célébré la victoire du Maroc face à l'Espagne au Mondial.
Incidents sur le Kiel à Anvers
À Anvers, des appels à des émeutes sur le Meir avaient été lancés à l'avance sur les réseaux sociaux. Et la police était présente en masse. "Les deux mineurs qui avaient diffusé l'appel ont été arrêtés. Il n'y avait pas de présence policière visible à Turnhoutsebaan. Ils n'intervenaient que si les choses devenaient incontrôlables", a expliqué la journaliste de la VRT.
Pour le reste, la Turnhoutsebaan a surtout été marquée par des réjouissances. "La rue était presque déserte durant le match du Maroc. Après cela, il y a eu la grande foule dans la rue. Ici aussi, il y a eu des volontaires qui ont pris l'initiative de garder tout sous contrôle." Sur la place Astrid, la police était prête à intervenir avec le canon à eau mais finalement cela n’a pas été nécessaire.
L'atmosphère est néanmoins devenue tendue après 20 heures sur le Kiel. "Certains semblaient vouloir s’en prendre au poste de police de la Sint-Bernardsesteenweg", a déclaré Wouter Bruyns, porte-parole de la police. "Des projectiles ont également été lancés sur le bureau et les agents et une réaction a donc été nécessaire." Une vingtaine de personnes ont finalement été arrêtées administrativement et deux judiciairement.
Chaîne humaine à Anvers