Le gouvernement fédéral a pris connaissance lundi du dernier rapport en date du Comité de monitoring. Traditionnellement, la diffusion de ce document donne le coup d'envoi des opérations d'ajustement budgétaire. Le Premier ministre Bart De Wever estime que ce rapport "ne contient pas de grandes surprises", mais "la situation n'est pas rose". Son gouvernement devra en effet réaliser 4,9 milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2029 pour se conformer aux règles budgétaires européennes. "Les groupes de travail commenceront dès mardi à analyser le rapport", a réagi le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem.
Le gouvernement fédéral doit réaliser 4,9 milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2029
Le rapport du Comité de monitoring constitue un bilan de la santé financière de l'État belge. Sa conclusion est alarmante : à politique inchangée, la Belgique se dirige vers un déficit budgétaire de plus en plus important et croissant. Ce nouveau rapport confirme donc les conclusions précédentes du Bureau du Plan et de la Banque nationale.
Qu'est-ce que le Comité de monitoring?
Il s’agit un groupe de hauts fonctionnaires chargé de contrôler le budget fédéral et de rendre compte de la situation budgétaire. Le Comité de monitoring établit trois rapports par an (mars, juillet, septembre) contenant des estimations de recettes et de dépenses, qui servent de base au gouvernement lors des négociations budgétaires.
Selon ce rapport, le gouvernement De Wever est confronté à un déficit de 25,1 milliards d'euros cette année, soit 3,8 % du produit intérieur brut (PIB). Le véritable coup dur surviendra en 2029, dernière année de la législature actuelle. À ce moment-là, le déficit fédéral risque d'atteindre 4,9 %, soit environ 35,8 milliards d'euros.
Ce chiffre est en contradiction avec l'ambition du récent accord budgétaire, qui visait un déficit de 4,3 % à la fin de la législature. Le Comité de monitoring adopte donc une perspective plus pessimiste et prévoit un dépassement de 0,6 point de pourcentage par rapport à l'objectif initial. Ce dépassement s'explique par des recettes décevantes en 2025, et par des dépenses de défense qui en 2029 devraient être supérieures de 1,4 milliard d'euros aux estimations initiales.
Pour se conformer aux règles budgétaires européennes, le gouvernement doit réaliser au moins 4,9 milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2029. Et ce chiffre ne tient pas encore compte de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur le budget. "Le rapport du Comité de monitoring ne contient pas de surprises majeures et concorde avec les chiffres du Bureau du plan", réagissait le Premier ministre Bart De Wever.
"Nous naviguons sur une voie difficile, mais l'objectif est clair et confirmé par ce rapport. Il appartiendra à tous de prendre leurs responsabilités et de mettre le pays sur la voie d'une amélioration structurelle de nos finances publiques." Bart De Wever souligne que le rapport ne prend pas encore en compte le contexte géopolitique, notamment la guerre en Iran.
Des groupes de travail
"Nos finances publiques sont sous pression", déclarait lundi de son côté le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, en réaction à une série de mesures énergiques. "Malgré une série de mesures fortes, cette pression continuera de s'accentuer dans les années à venir." Selon le ministre, une amélioration supplémentaire de 1,4 milliard d'euros est nécessaire pour la prochaine révision budgétaire. Il est impératif d'agir sans tarder.
"Les grands défis exigent un travail approfondi. Nous ne devons pas perdre de temps. Les groupes de travail se mettront immédiatement au travail demain mardi afin d'analyser en détail le rapport, les accords et les tendances sous-jacentes. Ce sera le point de départ de la révision budgétaire 2026."
