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Le Premier ministre Bart De Wever

Le Premier ministre De Wever exclut des aides générales face à la hausse des prix de l'énergie : "Il n'y a pas d'argent"

Le Premier ministre Bart De Wever a clairement exclu ce mercredi la possibilité que le gouvernement fédéral prenne des mesures d'ordre général pour lutter contre l'augmentation des coûts de l'énergie. "Je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas aider les gens, mais il n’y a pas d’argent", insistait De Wever. Il souligne que d’éventuelles mesures devront être ciblées et limitées dans le temps.

Anne François Belga
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Il y a dix jours, le gouvernement fédéral décidait d'affecter l'ensemble des recettes fiscales supplémentaires perçues en raison de l'augmentation des prix de l'énergie à des mesures de soutien pour les ménages les plus vulnérables et les personnes confrontées à l'augmentation des coûts des déplacements domicile-travail.

Le parti libéral francophone MR a menacé mardi de bloquer tout accord futur au sein de la coalition fédérale si le conseil des ministres ne validait pas des mesures concrètes ce vendredi.

À son arrivée ce mercredi matin en commission de l'Intérieur de la Chambre, le Premier ministre a été pressé de questions par les journalistes. Il a finalement répondu : "Il n'y a pas d'argent". Tout en nuançant : "Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas aider les gens, mais il n'y a pas d'argent". À la question de savoir si des mesures générales pouvaient être prises, comme le cliquet inversé, le Premier ministre a répondu sans détours : "non".

Le Conseil des ministres se penchera donc sur cette question vendredi. "Je vais discuter en interne", a-t-il indiqué, appelant à privilégier les décisions à la communication. Interrogé ensuite en commission par les députés d'opposition Eric Thiébaut (PS) et Raoul Hedebouw (PTB), le Premier ministre a d'abord pointé "un certain nombre d'idées reçues".

Tout d'abord, "les pouvoirs publics tireraient d'importants bénéfices (de l'augmentation des prix)." "Ce n'est pas vrai (...), l'Etat subit au contraire des pertes", estime De Wever, évoquant l'augmentation des factures de chauffage des bâtiments ou encore l'indexation automatique des salaires. Selon la dernière projection du Bureau du Plan, le prochain dépassement de l'indice pivot, qui sert de base pour l'indexation des salaires dans les services publics et des allocations sociales, devrait intervenir en juillet.

Soutenir les ménages en situation précaire

Selon Bart De Wever, la deuxième idée reçue est qu'il serait "judicieux de stimuler la demande en cas de crise de l'offre" "Or, c'est l'inverse qu'il faut faire, baisser la demande", a-t-il déclaré. A ses yeux, ce n'est qu'en diminuant la consommation d'énergie que les prix pourront diminuer plus rapidement, selon la mécanique de l'offre et de la demande. "En distribuant des chèques, les pouvoirs publics jetteraient de l'huile sur le feu, c'est ma conviction".

Enfin, le Premier ministre partage l'avis du gouverneur de la Banque Nationale (BNB) Pierre Wunsch selon qui il n'existe aucune marge budgétaire pour des mesures d'aide généralisées.

"Cela veut-il dire que le gouvernement ne fera rien ? non", a-t-il assuré, rappelant l'intention de procéder à des mesures ciblées sur les ménages précaires se chauffant à l'énergie fossile et les trajets domicile-travail. La Belgique mettra aussi en œuvre la "boîte à outils" que prépare la Commission européenne en matière de prix de l'énergie.

Un groupe de travail devait se réunir ce mercredi pour préparer le Conseil des ministres de vendredi, précisait encore Bart De Wever.

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