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Belgique
Defensie

La Défense défend l'achat d'équipements anti-drones et déplore les "insinuations" du reportage Pano

Le ministère de la Défense a défendu ce jeudi l'achat de matériel anti-drones, pour 50 millions d'euros, au lendemain de la "crise des drones" sur la Belgique à l’automne dernier. Un reportage du magazine Pano diffusé mercredi soir par la VRT critique en effet ces dépenses jugées excessives, surtout en l’absence actuelle de "preuve que ces drones étaient hostiles". La Défense "déplore les insinuations et le climat qui ont été créés dans ce dossier, laissant entendre que des pratiques répréhensibles auraient eu lieu et que certaines entreprises auraient été favorisées ou lésées", dans le cadre de la commande de matériel.

Anne François Belga
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"Un tel cadrage est non seulement regrettable, mais aussi indigne", ajoute la Défense dans une réaction écrite transmise à l’agence de presse Belga. La Défense rappelle qu'après le survol du quartier militaire d'Elsenborn en octobre 2025, elle a lancé une procédure d'achat sans publication, comme le permet la loi du 13 août 2011 relative aux marchés publics dans le domaine de la défense et de la sécurité. Le Conseil des ministres a approuvé le dossier après avis favorable de la Commission parlementaire des achats militaires, indique la Défense.

Le ministère de Theo Francken défend les commandes effectuées et leur prix, alors que l'émission de la VRT effectuait des comparaisons entre plusieurs fournisseurs de matériel qui semblaient plus avantageux que ceux finalement retenus. Les commandes ont été passées auprès de quatre entreprises belges et d'une société étrangère. L'installation sur les sites critiques est terminée et les autres quartiers suivront d'ici juin prochain.

"Moscou, un acteur plausible"

Sur la question de l'origine des drones, la Défense se défend d'avoir créé un climat anxiogène en pointant du doigt la Russie, comme pouvait le laisser entendre le reportage de la VRT. Elle rappelle que dans le contexte de survols de drone à travers toute l'Europe, Moscou était un acteur plausible. "Dans ce cadre, les services de sécurité ont considéré la Fédération de Russie comme l'hypothèse la plus plausible, parmi d'autres acteurs potentiellement menaçants. Il a été tenu compte des formes connues d'influence hybride, notamment l'utilisation de drones et les activités cybernétiques", souligne la Défense.

"Cette évaluation s'inscrivait dans un contexte géopolitique plus large, notamment le rôle de la Belgique dans la prise de décision européenne concernant le gel des avoirs russes dans le dossier Euroclear, ainsi que les attaques DDoS (saturation de sites web, ndlr) coordonnées contre des cibles gouvernementales et économiques belges. Les mesures prises et la communication ont été délibérément proportionnées et axées sur la vigilance, et non sur la création d'un climat d'inquiétude."

Enfin, la Défense décrit les drones comme "une menace réelle et persistante" et estime que "les investissements dans les capacités de détection et de protection restent donc nécessaires et structurels".

La Défense s'indigne de ne pas avoir été invitée par la VRT à réagir au reportage au lendemain de sa diffusion.

VRT NWS souligne cependant que le ministre Francken a refusé une interview à Pano lors de la préparation du magazine et, par la suite, n'a pas souhaité commenter l'émission Pano. Ces mercredi et jeudi, la rédaction a sollicité à plusieurs reprises une réaction du ministre de la Défense.

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