Le gouvernement flamand de Matthias Diependaele (N-VA) est parvenu à un accord, lundi soir, concernant trois dossiers clés : des mesures de soutien face à la flambée des prix de l'énergie, un plan d’assouplissement des normes de l’eau potable et enfin un ajustement budgétaire.
Le gouvernement flamand s’accorde sur l’eau potable, des mesures de soutien pour l’énergie et un ajustement budgétaire
Mesures de soutien pour le prix de l’énergie
Un accord a d’abord été trouvé sur des mesures visant à alléger la facture énergétique. "Nous avons pris des mesures structurelles pour réduire la consommation d’énergie des ménages, des écoles et des entreprises", explique le ministre de l’Énergie Hans Bonte (Vooruit).
Le ministre réserve les détails concrets pour la conférence de presse prévue à 11 heures, ce mardi mais donne déjà quelques précisions : "Des moyens supplémentaires ont été dégagés pour aider les citoyens à rénover leur logement. Un accompagnement renforcé est également prévu pour les ménages, notamment via des audits énergétiques, afin de réduire leur facture", précise-t-il.
"Des moyens ont aussi été alloués aux entreprises pour favoriser une utilisation plus durable de l’énergie dans leurs processus de production. En prenant dès maintenant des mesures ciblées et structurelles, qui auront des effets à long terme, nous protégeons le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises."
Plan eau potable
Un accord a également été conclu sur le plan eau potable du ministre de l’Environnement Jo Brouns (CD&V). Celui-ci vise notamment à répondre à la contamination de l’eau potable en Flandre occidentale par des triazoles, des produits de dégradation de pesticides antifongiques utilisés en agriculture.
Le plan prévoit de ramener les concentrations de triazoles à 0,1 microgramme par litre en Flandre occidentale, soit la norme européenne.
Prolongation de 3 ans de la dérogation en Flandre occidentale
Toutefois, il faudra du temps pour atteindre cet objectif. Le ministre prolonge donc de trois ans, jusqu’à fin 2029, la dérogation autorisant une concentration maximale de 1 microgramme par litre pour les sites de Blankaart, Zillebeke, Dikkebus et De Gavers. Bien que ce seuil soit dix fois supérieur à la norme européenne, le ministre a rappelé à plusieurs reprises qu’il reste sans danger.
Pour atteindre la norme européenne, des mesures sont imposées à tous les secteurs. L’agriculture devra éviter que certaines substances ne se retrouvent dans l’eau, notamment en utilisant les produits phytosanitaires de manière plus ciblée et plus prudente. À terme, plus de 30 produits de protection des cultures seront interdits.
Des bandes tampons seront également aménagées le long des cours d’eau dans les zones à problème, et les contrôles seront renforcés.
Pour les entreprises et l’industrie, davantage de clarté est prévue, ainsi qu’un suivi plus strict. L’objectif est de mieux cartographier les rejets de substances afin d’identifier plus rapidement les risques.
Les permis seront adaptés en conséquence : là où l’impact sur l’eau potable est avéré, les conditions de rejet seront durcies. L’usage de pesticides sera également réduit dans les zones d’activités, avec une interdiction totale sur les surfaces imperméabilisées.
Ajustement budgétaire
Enfin, un accord a été trouvé sur un ajustement budgétaire destiné à maintenir les finances régionales sur les rails cette année. Au début des discussions, il y a quelques semaines, des divergences existaient quant au point de départ à retenir pour cet ajustement. Un déficit de 320 millions d’euros a finalement été retenu, notamment en raison de la hausse de l’inflation.
Seul un tiers des départs sera remplacé
L’an prochain, l’impact de l’inflation sera en partie compensé par une augmentation des recettes en provenance du niveau fédéral. Ces recettes futures seront réservées pour absorber les coûts supplémentaires de cette année.
Parallèlement, 100 millions d’euros de dépenses prévues pour les années à venir seront déjà intégrés dans le budget 2026, notamment pour des factures liées au projet de la liaison Oosterweel à Anvers et des investissements dans les égouts.
Pour équilibrer les comptes, le gouvernement a notamment décidé que, dès juillet, seuls un tiers des fonctionnaires quittant leur poste ou partant à la retraite seront remplacés.
