Le parquet d'Anvers demande le renvoi de deux hommes devant le tribunal correctionnel. En mai de l'an passé, trois perquisitions ont eu lieu dans le cadre d'une instruction judiciaire visant des circoncisions rituelles pratiquées de manière illégale. Les faits ont été qualifiés de coups et blessures volontaires avec préméditation à l'encontre de mineurs et d'exercice illégal de la médecine. L’ambassadeur américain Bill White et le ministre israélien des Affaires étrangères ont déjà réagi avec vigueur. De son côté, le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) dénonce des caricatures et rappelle l'indépendance du pouvoir judiciaire.
Le parquet d’Anvers veut renvoyer deux mohels en correctionnelle pour des circoncisions illégales : l’ambassadeur américain réagit avec colère
L’enquête a été ouverte à la suite, entre autres, d’une plainte issue d’un membre de la communauté juive, et l’an dernier, plusieurs perquisitions ont été menées dans le quartier juif. Les enquêteurs y ont notamment saisi des couteaux et demandé des listes d’enfants récemment circoncis.
Il convient de préciser que l’affaire doit encore être examinée par la chambre du conseil, qui devra décider si le dossier sera effectivement renvoyé devant le tribunal correctionnel. Cela aura lieu le 18 juin. Entre-temps, les parties concernées ont accès au dossier.
L’affaire avait déjà suscité de vives réactions au début de l’année, lorsque l’ambassadeur américain Bill White avait vivement critiqué la Belgique. Il avait alors parlé d’une "enquête antisémite". Sur le plan diplomatique, ce dossier est donc extrêmement sensible.
L’ambassadeur américain a réagi rapidement : "une honte pour la Belgique"
Cela s'est confirmé à nouveau aujourd’hui. Dans un message publié sur X, l'ambassadeur Bill White affirme que les poursuites contre les mohels sont "erronées" et "ne seront pas tolérées". Selon lui, l’un des suspects est américain.
"La Belgique sera perçue dans le monde comme antisémite. Il n’y a aucun moyen d’y échapper tant que cela ne sera pas résolu. L’administration Trump condamne cette action judiciaire et dénonce la passivité politique du gouvernement belge dans la recherche d’une solution avec la magnifique communauté juive en Belgique."
Même son de cloche du côté du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. "C’est une tache sur la réputation de la société belge. La circoncision est la pierre angulaire de la foi juive. (...) J’appelle le gouvernement belge à agir immédiatement et à trouver une solution."
Maxime Prévot dénonce des caricatures et rappelle l'indépendance du pouvoir judiciaire
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), a appelé mercredi son homologue israélien, Gideon Saar, à arrêter ses "caricatures" à propos de la Belgique. Le pouvoir judiciaire est indépendant, a-t-il rappelé.
"En Belgique, le pouvoir judiciaire est indépendant et prend ses décisions —que l'on soit d'accord avec elles ou non— libre de toute influence politique", a fait remarquer M. Prévot. "Présenter cela comme le désir d'un pays de saper la liberté religieuse des Juifs est diffamatoire. Cette liberté n'a jamais été remise en question et ne le sera jamais dans notre pays. Notre Constitution la protège".
Le ministre belge suggère à son homologue de discuter de ce genre de sujet lors d'une rencontre en Israël "à un moment qui vous conviendra le mieux, afin de mettre fin à toute interprétation erronée".
L'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, s'est aussi mêlé de cette affaire, comme il l'a déjà fait ces derniers mois, estimant que la Belgique serait vue désormais comme un pays antisémite.
"Je vous exhorte à faire preuve d'une plus grande retenue et à considérer votre rôle dans son contexte approprié. Il est inapproprié de critiquer publiquement un pays et de ternir son image simplement parce que vous désapprouvez des procédures judiciaires. Je vous l'ai déjà dit. Trouveriez-vous acceptable que notre Ambassadeur à Washington fasse de même ? ", a répondu M. Prévot.
Le ministre belge rappelle en outre que l'origine de ce dossier judiciaire vient de dénonciations faites par des membres de la communauté juive elle-même.


