La ministre flamande de l'Emploi, Zuhal Demir (N-VA), a vivement critiqué mercredi au Parlement flamand une agence au pair lancée par plusieurs participantes de l'émission de téléréalité "The Real Housewives of Antwerp". Le fait que le système des jeunes au pair y soit présenté comme une solution de garde d'enfants bon marché est, selon elle, "scandaleux".
"Une garde d’enfants bon marché ? Scandaleux" : la ministre Demir s’en prend à l’agence au pair liée à "The Real Housewives of Antwerp"
Pour la ministre, cet épisode illustre une nouvelle fois la nécessité de réformer en profondeur le statut des jeunes au pair. Par jeune au pair, on entend des ressortissants étrangers qui séjournent temporairement dans une famille dans le cadre d'un échange culturel. En contrepartie du logement, de la nourriture et d'un argent de poche, ils apportent une aide à la gestion du foyer.
Le système est toutefois connu pour être sujet à des abus. Le cadre légal est jugé dépassé. L'argent de poche minimum, fixé à 450 euros par mois, n'a plus été indexé depuis 1997 et, depuis la dernière réforme de l'État, il se trouve dans une "zone grise institutionnelle", selon Zuhal Demir.
Des contrôles ont par ailleurs révélé des infractions à la législation sociale dans 40% des dossiers inspectés. Pour la ministre, ces chiffres traduisent un problème plus profond: les jeunes au pair sont trop souvent considérés comme une main-d'œuvre bon marché pour la garde d'enfants ou les tâches ménagères, alors que l'échange culturel devrait rester au cœur du dispositif.
"Je suis exaspérée par la commercialisation du système", a-t-elle déclaré en réponse à une question du député CD&V Robrecht Bothuyne, en visant explicitement l'agence liée à l'émission de téléréalité. "Présenter les jeunes au pair comme une solution moins chère pour la garde d'enfants est scandaleux et contraire à la réglementation."
