Ce n’est pas la première fois que le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, invite des personnalités controversées en Belgique. C’est ce qu’a rappelé le journaliste politique Ivan De Vadder ce jeudi matin dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Cette fois c'est le leader de la droite radicale française, le président du Rassemblement national Jordan Bardella qui doit s’exprimer ce soir au Parlement flamand.
Jordan Bardella (RN) invité au Parlement flamand par le Vlaams Belang : un collectif appelle à manifester
"Souvenez-vous de Steve Bannon, figure controversée de l’ultradroite américaine, ou encore de Marine Le Pen, du même Rassemblement National que Jordan Bardella", a déclaré le journaliste politique.
Selon Ivan De Vadder, les liens entre le Vlaams Belang et le Rassemblement National sont anciens. "Les deux partis comptent parmi les plus anciens mouvements de la droite radicale en Europe. Leurs relations sont donc anciennes et solides. L’eurodéputé du Vlaams Belang Gerolf Annemans entretient d’ailleurs d’excellents contacts avec les Français."
"Le Vlaams Belang veut reproduire le succès du Rassemblement National"
Les deux partis cherchent également à s’inspirer mutuellement de leurs succès électoraux. "Selon le dernier sondage De Stemming, le Vlaams Belang ne se porte pas particulièrement bien en Flandre, tandis que le Rassemblement National est parvenu jusqu’au second tour de l’élection présidentielle en France et compte également plusieurs maires dans ses rangs", souligne Ivan De Vadder.
La conférence de Jordan Bardella ne devrait toutefois pas se dérouler sans contestation. "Plusieurs organisations ont déjà appelé à manifester contre sa venue", conclut Ivan De Vadder.
Un collectif appelle à manifester
Un collectif de 47 organisations syndicales et antifascistes a appelé mercredi à la mobilisation contre la venue de Jordan Bardella. La Ville de Bruxelles indique qu'un dispositif de sécurité sera déployé pour protéger le périmètre de la zone neutre autour de l'institution.
"Nous nous opposons à cette venue et refusons que nos institutions politiques servent de palais d'hiver aux personnalités d'extrême droite tenues à distance du débat politique belge par le cordon sanitaire", clament les signataires de l'appel, parmi lesquels des syndicats, collectifs antifascistes, structures de défense des droits humains ou organisations féministes.
Ils rappellent que le RN et ses dirigeants portent un projet politique "fondé sur la stigmatisation des personnes étrangères, racisées, musulmanes, des travailleurs et travailleuses avec ou sans papiers et plus largement de toutes celles et ceux que l'extrême droite désigne comme des ennemis de l'intérieur".
Le collectif appelle à un rassemblement "le plus large possible" sur la place Madou à 18h. "Se rassembler, occuper l'espace public, faire nombre, alerter, dénoncer, organiser la solidarité et refuser la normalisation du fascisme sont nos moyens légitimes de défense démocratique", selon leur communiqué.
Un dispositif de sécurité sera mis en place
La Ville de Bruxelles a indiqué à l'agence Belga qu'un dispositif de sécurité serait mis en place par la police afin d'assurer la protection du périmètre de la "zone neutre" autour du parlement flamand, où les manifestations sont interdites ou très réglementées.
Interrogé sur d'éventuelles mesures particulières concernant le rassemblement place Madou, le porte-parole du bourgmestre Philippe Close (PS) a indiqué que la police "veillerait au bon déroulement du rassemblement pour que les associations puissent exprimer pacifiquement leur opposition" à la venue de Jordan Bardella.
