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Rousseau s'en prend à Verlinden après un vif débat sur des questions éthiques : "Peut-on encore lui faire confiance ?"

Le président de Vooruit, Conner Rousseau, a mis en question lundi la confiance de son parti envers la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) dans une série de dossier éthiques. De son côté, le président du CD&V Sammy Mahdi a défendu la ministre. Après plusieurs heures de négociations, le gouvernement est convenu samedi d'examiner l'ensemble des dossiers éthiques d'ici au 1er décembre. Le CD&V laisse toutefois peu de marge de manœuvre sur la question de l'avortement. 

Eric Steffens Belga
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"La question est de savoir si nous pouvons encore compter sur elle pour faire son travail, et pas seulement pour faire ce qu'elle veut", a déclaré Conner Rousseau ce lundi dans l'émission "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Le comité ministériel restreint du gouvernement fédéral s'est penché samedi sur plusieurs dossiers en suspens. Les questions éthiques - l'avortement, la grossesse pour autrui et l'euthanasie en cas de maladies neurodégénératives - ont constitué l'essentiel des débats. Après des heures de discussions - lors d'une réunion qui, selon Conner Rousseau, aurait tout aussi bien pu "se faire par e-mail" -, le "kern" a convenu de présenter, d'ici le 1er décembre, des propositions sur ces trois sujets.

Un allongement du délai pour l’avortement à 14 semaines "à prendre ou à laisser" ?

Il y a deux semaines, Annelies Verlinden avait évoqué dans la presse un assouplissement de la législation sur l'avortement, avec un allongement du délai de 12 à 14 semaines, à prendre ou à laisser. Au grand dam de Vooruit : les socialistes flamands souhaitent en effet un allongement à 18 semaines. Le CD&V a répliqué en évoquant les "cahiers Atoma", à savoir des accords confidentiels conclus en marge de l'accord de gouvernement.

C'est surtout l'attitude de Mme Verlinden qui est source de frustration, selon Conner Rousseau. "Une ministre qui divulgue elle-même des Atomas, c'est du jamais vu (...) La question est de savoir si les citoyens peuvent encore compter sur elle pour faire son travail et non pas seulement pour faire ce qu'elle veut, vu la manière dont elle s'est comportée ces derniers jours. Et ce n'est pas le premier dossier."

Le président de Vooruit s'en prend aussi à d'autres membres du CD&V. "Je dois demander beaucoup de discipline de la part de mes collègues au Parlement pour qu'ils votent contre leurs convictions (sur une proposition de l'opposition visant à prolonger le délai d'avortement jusqu'à 18 semaines, ndlr) alors qu'ils sont critiqués par plusieurs membres du CD&V d'une manière qui rappelle le mouvement pro-life aux États-Unis."

"L'extension de la législation sur l'euthanasie reste la priorité"

Selon Conner Rousseau, le gouvernement a convenu de traiter les trois dossiers éthiques dans un seul et même paquet. Il ne confirme pas explicitement avoir donné son accord à une prolongation du délai pour l'avortement jusqu'à quatorze semaines. "L'extension de la législation sur l'euthanasie reste pour moi, personnellement, la priorité absolue."

À ses yeux, Annelies Verlinden doit donc proposer trois solutions d'ici le 1er décembre, sans quoi la question de la confiance sera posée. "Si tout le monde respecte l'accord, nous pourrons trouver une issue ensemble (..) mais si nous continuons à nous comporter ainsi les uns envers les autres, il ne restera plus grand-chose à faire au sein du gouvernement."

Sammy Mahdi défend Annelies Verlinden

Réagissant à cette attaque, le président du CD&V Sammy Mahdi a défendu la ministre. "De bons accords ont été conclus (samedi, ndlr) sur la manière dont nous allons continuer à travailler. On ne s'attend donc pas à ce que, 24 heures plus tard, un parti attaque la ministre aussi violemment", a-t-il dit dans "De Ochtend". "Je pense qu'elle respecte tout simplement les accords conclus."

Le chrétien-démocrate a défendu la position de son parti sur l'avortement. "Notre parti estime que 18 semaines, c'est beaucoup trop (...) J'ai parfois l'impression que cela nous fait passer pour des extrémistes, alors que c'est une question de 'bon sens' pour la plupart des Flamands", selon lui.

Maxime Prévot : "les Engagés se situent avantage sur la ligne défendue par Vooruit"

"Les Engagés se situent davantage sur la ligne défendue par Vooruit", a indiqué dimanche Maxime Prévot, dans l'émission De zevende Dag. "Selon nos statuts, chaque député a le droit d'adopter sa propre position. La majorité de notre groupe parlementaire souhaiterait porter ce délai à 18 semaines. Nous verrons dans les prochains mois si cela est possible ou non."

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