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Des porte-parole du régime taliban lors d'une conférence de presse à Kandahar.

Une délégation talibane à Bruxelles pour discuter avec l’UE des retours forcés vers l'Afghanistan

Des représentants des talibans afghans sont arrivés à Bruxelles mardi après-midi. C'est ce qu'indique l'agence de presse AFP, citant une source bien informée. "Cette visite est inacceptable et décevante", estime l'organisation de défense des droits humains Amnesty International.

Eric Steffens Belga
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La délégation se trouve dans la capitale belge à la demande de la Commission européenne afin de discuter d'un éventuel retour de réfugiés afghans vers l'Afghanistan. Il s'agit de la première fois que des représentants des talibans sont reçus par l'Union européenne.

Lundi, le SPF Affaires étrangères avait délivré cinq visas après qu'une analyse de sécurité menée par la Sûreté de l'État et le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) ait conclu qu'il n'existait "aucune information permettant de considérer que les personnes concernées représentent une menace sur le territoire belge".

Ces visas ne sont valables que pour la Belgique – et non pour l'ensemble de l'espace Schengen – et pour une durée limitée à une seule journée. Les autorités restent très discrètes sur le lieu des discussions. La Commission européenne avait toutefois déjà confirmé que la rencontre ne se tiendrait pas dans des bâtiments officiels. Les participants devraient vraisemblablement se réunir dans un hôtel.

"Nous ne communiquerons qu'une fois la réunion terminée", a indiqué le porte-parole de la Commission européenne.

Une visite qui suscite la polémique

La visite de cette délégation à Bruxelles suscite la polémique depuis plusieurs semaines. En mai, la Commission européenne a annoncé son "intention d'inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles pour des discussions portant sur le renvoi de migrants afghans vers l'Afghanistan".

La Commission soutient que cette réunion se déroulera à un "niveau technique" et pas directement avec les leaders du gouvernement. Il ne s'agit en outre pas d'une mission d'identification de personnes, aucun dossier individuel ne sera discuté, d'après des explications fournies mercredi par M. Prévot à la Chambre.

Mais cette initiative suscite l'indignation d'ONG comme Amnesty International, en raison des atteintes aux droits humains perpétrées par le régime taliban. Elle implique en outre de dialoguer avec les autorités talibanes, de retour au pouvoir depuis 2021, mais que l'UE ne reconnaît pas officiellement.

M. Prévot a expliqué qu'il désapprouvait une telle invitation mais qu'en tant qu'Etat hôte des institutions européennes, la Belgique ne pouvait pas refuser d'octroyer les visas demandés.

Selon les informations disponibles la semaine passée, cinq visas ont été demandés. Les noms des personnes invitées n'a pas été communiqué mais, d'après une invitation consultée par "Le Vif", l'une d'elles est le porte-parole du ministère des Affaires étrangères des talibans, Abdul Qahar Balkhi, nom de guerre de Hasan Bahiss devenu le représentant médiatique des Talibans en 2011.

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