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Feu d'artifice, gateau d'anniversaire géant pour les USA au parc du Cinquantenaire

Le parc du Cinquantenaire théâtre d'une grande fête, critiquée, pour les 250 ans d'indépendance des Etats-Unis

L'ambassadeur américain Bill White organisait dimanche une fête de grande envergure en l'honneur du 250e anniversaire des États-Unis au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Plus de 8.800 invités y étaient attendus. Des démonstrations sportives et folkloriques y rivalisaient avec des stands de mets typiques. Outre le discours de l’ambassadeur et un message enregistré du président Donald Trump, le Premier ministre Bart De Wever, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte et la présidente du Parlement européen Roberta Metsola ont pris la parole pour rappeler les liens étroits entre la Belgique, l’Europe et les USA. La fête comprenait un spectacle de drones et un feu d'artifice. Aux portes du parc du Cinquantenaire, fermé aux riverains pour l’occasion, plusieurs organisations - dont Extinction Rebellion Belgium, Invisible Belgium et Rise for Climate – ont protesté contre la politique de l’administration Trump.

Anne François Belga
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Gardé par des policiers avec chiens, motos, fourgonnettes et un hélicoptère survolant le carrefour proche de la station de métro Mérode, le parc du Cinquantenaire à Bruxelles a accueilli près de 9.000 invités ce dimanche. "8.850 personnes se sont inscrites", avait déclaré en début de soirée l’ambassadeur américain Bill White au cours d’une conférence de presse. Il soulignait que le nombre d'inscriptions avait fortement augmenté après l'annonce de la venue du groupe de country américain Zac Brown Band.

A l’intérieur du parc, l’ambiance était nettement plus détendue, grâce aux stands de mets américains, démonstrations sportives, de line dancing et cheerleading. Un show aérien comprenant 7 avions historiques (des Spitfires et un C-130 Hercules), un spectacle de drones et un grand feu d’artifice contribuaient à l’atmosphère festive.

Démonstrations de cheerleading au Cinquantenaire

Au sujet du financement de l’événement, l'ambassadeur White affirme avoir récolté quelque 5 millions de dollars auprès de plus de 220 donateurs. Des entreprises et des particuliers, tant américains que belges, ont apporté leur contribution. Parmi les sponsors figurent des multinationales américaines telles que Meta, Microsoft, Nike et McDonald's, aux côtés de sociétés belges comme Leonidas, Port of Antwerp-Bruges, Van Moer Logistics et Sibelco.

Solidarité, malgré les différences d’opinions

Dans son discours, Bill White évoquait l'histoire commune de la Belgique et des Etats-Unis pour répondre aux questions sur sa volonté d'améliorer les relations transatlantiques. "Ignorons un peu le bruit médiatique qui consiste à provoquer des querelles ou à montrer plus de divisions qu'il n'y en a réellement. Nous savons que nous entretenons une relation formidable que nous devons chérir et perpétuer."

L'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, Bill White

Rappelons que l'ambassadeur américain en Belgique a fait l'objet de plusieurs polémiques ces derniers mois, notamment en raison de son opposition à une enquête judiciaire sur des circoncisions présumées illégales au sein de la communauté juive d'Anvers. Il avait été rappelé à l’ordre notamment par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot.

Ce dernier était cependant présent à la fête pour les 250 ans d’indépendance américaine, tout comme le Premier ministre De Wever, le ministre de la Défense Theo Francken et la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (à g.) avec Bill White

Les différents autres discours prononcés devant le monument symbolique du Cinquantenaire ont tous souligné l'importance de liens solides entre les États-Unis, l'Europe et la Belgique. "L'Amérique ne voit pas des partenaires faibles, mais des partenaires prêts à assumer les responsabilités qu'implique la liberté", déclarait l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Otan, Matthew Whitacker.

Le secrétaire général de l'Otan, le Néerlandais Mark Rutte, déclarait que l'Amérique a joué un rôle clef dans la lutte contre le fascisme et le communisme, durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. "Aujourd'hui, nous restons unis, côte à côte. La liberté est importante, elle mérite que l'on se batte pour elle. Continuons donc à avancer ensemble vers l'avenir."

Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte

Le Premier ministre belge Bart De Wever évoquait pour sa part la contribution des Etats-Unis lors des deux Guerres mondiales. "Les Américains ont consenti certains de leurs plus grands sacrifices sur notre sol. Nous ne l'oublierons jamais".

Le Premier ministre Bart De Wever et Bill White

Le président américain Donald J. Trump faisait une brève apparition, par le biais d'un message vidéo diffusé sur écran géant au centre du Cinquatenaire. "Depuis des générations, les peuples américain et belge chérissent les valeurs de liberté, de démocratie et d'autodétermination. Nos militaires ont donné leur vie pour ces valeurs durant les guerres mondiales, et je suis certain que le peuple belge ne l'a jamais oublié!".

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Le spectacle de drones qui a ouvert la cérémonie

Cadeaux et spectacles

L’ambassadeur des États-Unis n’est pas reparti les mains vides. Il a reçu deux cadeaux de la part de la Belgique. Le premier est une bague en or sertie de diamants destinée à Donald Trump, offerte par l’industrie diamantaire anversoise. "Une bague est bien plus qu’un simple bijou : elle symbolise l’unité et la confiance, car les véritables amitiés se forgent sous la pression", a déclaré un porte-parole du secteur.

En signe de gratitude de la Belgique, le Premier ministre De Wever a prévu un cadeau qui, en raison de sa fragilité, sera remis à l'ambassade américaine dans les prochains jours. Il s’agit d’un vase des cristalleries du Val-Saint-Lambert qui allie le cristal et le diamant, symboles de la Wallonie et de la Flandre, et l'aigle, symbole des Etats-Unis.

Les invités ont pu chanter l’hymne national interprété par Alexis Wilkins et danser au rythme de la musique du Zac Brown Band. La soirée avait débuté par un spectacle de drones représentant la Statue de la Liberté, la Maison Blanche et un aigle américain. Pour couronner le tout, un grand feu d’artifice a été tiré qui semblait vouloir rivaliser de grandeur avec celui promis par Donald Trump à Washington D.C. pour les célébrations du 4 juillet.

Plusieurs actions de protestation pendant l’événement

Les manifestations ont eu lieu sur la place Schuman, près de l'entrée du parc du Cinquantenaire et au cœur du quartier européen. Les manifestants protestaient notamment contre la fermeture d'une partie du parc public pour la célébration organisée par l'ambassadeur Bill White. Ils estiment que le parc a été privatisé. L’organisation Extinction Rebellion soulignait qu'"aucun État étranger n'a jamais célébré sa fête nationale en s'appropriant le lieu le plus symbolique de Bruxelles sur le plan politique et historique". Le parc a été créé à l'initiative du roi Léopold II - figure controversée - pour célébrer le cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique.

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Extinction Rebellion reproche à la Ville de Bruxelles d'accorder un "traitement de faveur exceptionnel" à un gouvernement qui, selon l’organisation, mine la politique climatique, le multilatéralisme et le droit international.

Des militants écologistes du mouvement "Rise for Climate" profitaient de ce rassemblement pour dénoncer l'inaction climatique en Belgique, en Europe et dans le reste du monde, alors que la vague de chaleur perdure. L'organisation critique ce qu'elle considère comme une absence de mesures nationales d'envergure pour faire face aux vagues de chaleur, le maintien des subventions aux énergies fossiles et l'orientation de la politique climatique européenne.

Plus tôt dimanche, des militants de l'organisation écologiste Greenpeace avaient déployé une banderole de 600 mètres carrés sur la Grand-Place de Bruxelles. On pouvait y lire : "Guerre. Cupidité. Crise énergétique. Qu'y a-t-il à fêter ?"

Greenpeace voulait ainsi dénoncer l'agenda politique et économique du gouvernement américain, ainsi que la présence de nombreuses personnalités, comme le Premier ministre belge Bart De Wever, à la grande fête au Cinquantenaire. "Alors qu'une vague de chaleur historique et meurtrière frappe la Belgique, il est scandaleux que les autorités belges déroulent le tapis rouge à un gouvernement ouvertement climatosceptique et organisent une fête aussi indécente", s'est indigné Joeri Thijs, porte-parole de Greenpeace Belgique.

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