Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), a insisté vendredi sur la priorité qu'accordait le gouvernement belge à la protection des frontières extérieures de l'Union européenne, après que quelque 60.000 migrants eurent franchi la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta. Maxime Prévot a également le rôle que doivent jouer les autorités européennes et marocaines.
Après l’afflux de migrants à Ceuta, Maxime Prévot insiste sur la protection des frontières extérieures de l’UE
"La Belgique suit de près la situation à Ceuta. Lorsqu'un État membre situé à la frontière extérieure subit une telle pression, il s'agit d'une question européenne, et non uniquement espagnole. En de telles circonstances, l'Espagne doit veiller à protéger ses frontières et pouvoir compter sur l'implication à la fois des autorités européennes et de celles du Maroc", a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur "X".
Pour celui-ci, la protection des frontières extérieures de l'Europe reste une priorité pour le gouvernement belge. "Contrôler les frontières, adopter une position plus ferme à l'égard des migrants illégaux et démanteler le modèle économique des passeurs de personnes n'est pas incompatible avec une approche humaine: c'est une condition préalable à celle-ci/"
"Les autorités espagnoles, avec lesquelles j'ai été en contact ce matin, et la Commission européenne prennent les mesures nécessaires pour gérer la situation, en coordination avec le Maroc, y compris des mécanismes de retour pour ceux qui ont franchi illégalement la frontière, en plus des retours volontaires au Maroc, qui semblent déjà avoir lieu", a encore dit Maxime Prevot.
Au moins 34 personnes sont mortes en essayant d'entrer à Ceuta, au cours de la crise migratoire sans précédent qui a vu 60.000 personnes arriver dans cette enclave espagnole, a annoncé le président de Ceuta.
Toute entrée illégale ne peut jamais ouvrir la voie à un droit de séjour.
Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l'Asile et de la Migration
La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), a vivement réagi à la situation à Ceuta. Selon elle, les images en provenance de l’enclave espagnole montrent pourquoi l’Europe a besoin d’ "une politique migratoire ferme".
"Le message doit être clair : quiconque entre illégalement sur le territoire de l’Union européenne ne peut jamais obtenir un droit de séjour. Tant que l’entrée illégale peut offrir une perspective de séjour, les passeurs continueront à exploiter la situation et des personnes continueront à emprunter des routes extrêmement dangereuses, avec parfois des conséquences dramatiques, comme nous le voyons à nouveau aujourd’hui à Ceuta."
La ministre plaide pour un renforcement de la surveillance des frontières et une politique de retour efficace. "L’Union européenne doit envoyer un signal fort : les assauts massifs et illégaux contre nos frontières extérieures ne peuvent jamais être récompensés par un droit de séjour."
Anneleen Van Bossuyt appelle les partenaires européens à identifier les personnes ayant franchi illégalement la frontière et à organiser "un retour collectif ordonné, avec le soutien de Frontex lorsque cela est nécessaire".
Selon elle, ce type de "franchissement illégal massif des frontières" doit être traité avec la plus grande fermeté.
