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Une quarantaine d'étudiants étrangers ne peuvent rejoindre leur faculté à l'Université de Gand à cause de problèmes de visa

La Faculté de bio-ingénierie de l'Université de Gand (UGent) appelle le gouvernement fédéral à résoudre rapidement les problèmes de visa auxquels sont confrontés des étudiants internationaux. "L'année universitaire commence et nous attendons toujours l'arrivée d'une quarantaine de personnes venant de l'étranger", déclare Wim Hoste. "Nous risquons de passer à côté de talents académiques de premier plan. Ils représentent une immense valeur ajoutée pour notre faculté." Les fédérations sectorielles Agoria et VOKA soutiennent cet appel. Wim Hoste souligne que le problème ne se limite pas aux étudiants et chercheurs originaires de Gaza.

Anne François Ward Schouppe
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"Ces dernières années, nous avons constaté une multiplication des problèmes liés aux demandes de visa d'étudiants et de chercheurs étrangers", explique Wim Hoste de la Faculté de bio-ingénierie. "Des personnes venant du Bangladesh, d'Inde, du Maroc et d'autres pays africains ne parviennent tout simplement pas à arriver ici. Pourtant, elles ont réussi le processus de sélection rigoureux de l'Université de Gand et répondent aux exigences strictes des autorités. C'est au moment de la demande de visa que les choses bloquent."

Wim Hoste qualifie la situation de problème plus large et réclame une solution décisive. Cet appel intervient dans le sillage des demandes de visa déposées par 13 personnes originaires de Gaza, un dossier qui a suscité des débats au sein du gouvernement fédéral. "Il ne s'agit certainement pas seulement de Gaza. Les ambassades ou consulats transmettent systématiquement les dossiers des étudiants à l'Office des étrangers. Ce dernier est incapable de traiter les demandes dans les délais, empêchant ainsi les étudiants de partir, alors même que leur dossier est parfaitement en règle."

"Les retards dus à la lenteur de l'administration"

L'Office des étrangers confirme qu'il fait face à un volume élevé de demandes et que les délais ne sont pas toujours respectés. "Les ambassades et consulats valident les dossiers les plus solides. Les autres nous sont transmis pour examen. Ils arrivent souvent en masse durant la période estivale", explique la porte-parole Paulien Blondeel. L'année dernière, un total de 10.144 décisions positives a été enregistré, dont 901 approbations délivrées par l’Office des étrangers. Quelque 2.560 demandes ont été rejetées.

"Nous misons sur une numérisation accrue des procédures; les dossiers sont d'ores et déjà transmis par voie électronique. Nous demandons également aux pays d'origine d'inciter les étudiants à déposer leur demande dans les délais. Nous entretenons par ailleurs de bons contacts avec les universités", précise Paulien Blondeel.

Wim Hoste estime que la situation doit s'améliorer. "Les étudiants et les chercheurs consacrent des mois à préparer leur dossier. Ils doivent disposer de 12.000 euros sur un compte bloqué et s'acquitter de frais de dossier dont le coût ne cesse d'augmenter. Et puis, la procédure déraille au niveau de l’administration. Nous perdons ainsi des talents de premier plan."

"Parallèlement, les conditions de séjour durant leur parcours universitaire se sont également durcies. Les autorités ne semblent pas comprendre que ces talents représentent une immense valeur ajoutée. Il ne s'agit pas d'individus ordinaires, mais de personnes qui excellent véritablement dans leur domaine." Wim Hoste estime que près de 10.000 étudiants et chercheurs étrangers travaillent actuellement en Flandre.

"Notre économie de la connaissance a besoin de talents de haut niveau"

Les fédérations patronales Agoria et Voka ne souhaitent pas commenter les cas individuels, mais soutiennent la revendication générale. "Nos entreprises technologiques, nos institutions du savoir et nos centres de recherche ont besoin de ce type de talents pour rester innovants et compétitifs. Nous ne pouvons pas nous permettre de les perdre, surtout à l'heure où les derniers résultats de l'enquête PISA révèlent un recul de notre propre vivier de talents de haut niveau", déclare Jan Gatz de la fédération patronale de l'industrie technologique Agoria.

"Gand possède un écosystème florissant dans les secteurs des technologies et des biotechnologies, où les talents internationaux sont très recherchés. La concurrence pour attirer ces profils, y compris depuis l'étranger, est réelle. C'est pourquoi il est crucial de réduire au minimum les lourdeurs administratives", ajoute Arne Oosthuyse, de la fédération flamande d’entreprises Voka.

"Ces personnes développent ici de nouvelles techniques, procédures et matériaux. Nous tirons profit de ces innovations. Sans ces étudiants, nous accuserions rapidement un retard sur la scène internationale. Nos autorités compliquent la situation pour ces personnes, alors que d'autres pays - comme le Canada - cherchent activement à attirer ces talents d'élite, allant jusqu'à leur consacrer des budgets spécifiques", explique Wim Hoste.

Hoste conteste l'analyse de la ministre de l’Asile et la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Concernant le cas des treize étudiants et chercheurs originaires de Gaza, dont le gouvernement belge devrait demander l’évacuation au gouvernement israélien, la ministre a fait part de ses craintes d’un effet d'entraînement. "Rien ne vient étayer cette affirmation. La ministre tient des propos infondés au sujet de personnes ambitieuses, désireuses de contribuer à notre société."

L'année dernière, la faculté de Bio-ingénierie de l’UGent attendait l'arrivée de trois personnes venues de Gaza, mais celles-ci n'ont finalement jamais pu rejoindre la Belgique.

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