Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) assistait mercredi à Anvers à la cérémonie commémorative organisée pour la Journée de la Victoire, de la Démocratie et de la Mémoire du génocide perpétré par l'Allemagne nazie. A cette occasion il a réagi à la nouvelle polémique suite à la volonté du parquet de renvoyer deux mohels devant le tribunal correctionnel pour des circoncisions illégales.
Bart De Wever réagit aux accusations de l’ambassadeur américain : "La Belgique n’est pas un État antisémite, c’est absurde"
Bart De Wever a souligné qu'il avait toujours été possible, par le passé, de concilier la loi belge avec les traditions juives, comme la circoncision. "La Belgique n'est pas un État antisémite, c'est absurde", a-t-il affirmé. "La circoncision est essentielle pour la foi juive et l'islam, mais les exigences de notre législation le sont aussi. Il faut concilier ces deux éléments."
Le Premier ministre a également déploré la campagne de dénigrement et a rejeté les accusations américaines d'antisémitisme belge, les qualifiant de sottises. Le Premier ministre a par ailleurs apporté son soutien au ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), qui avait jugé ces déclarations américaines tout à fait déplacées.
Bart De Wever a enfin rappelé qu'on ignore encore si un procès aura lieu et si une condamnation suivra. "Attiser la controverse est une mauvaise idée", a-t-il déclaré. "Je ne peux qu'appeler tous les acteurs de ce débat à ne pas chercher à occuper le devant de la scène, à ne pas faire de déclarations infondées et à ne pas jeter des mots lourds comme antisémitisme dans le débat. Cela n'apporte rien."
"Un choc dans la communauté juive"
Chaque année, une cérémonie commémorative est organisée à Anvers pour la Journée de la Victoire, de la Démocratie et de la Mémoire du génocide perpétré par l'Allemagne nazie. Mercredi, c'était la 81e édition.
La volonté du ministère public de renvoyer deux mohels devant le tribunal correctionnel provoque un "choc d'une ampleur historique au sein de la communauté juive", a déclaré mercredi soir Regina Sluszny, survivante de la Shoah âgée de 86 ans.
"Aujourd'hui, c'est à nouveau un pilier de la foi juive en Belgique qui est visé", a soutenu Mme Sluszny. "Quand un pays met sous pression à la fois l'abattage rituel et la circoncision, il remet en question la possibilité même d'une vie juive durable dans ce pays. La vie des Juifs en Belgique devient peu à peu insupportable et intenable."

