A l’heure actuelle, aucune décision politique n'a été prise concernant l'envoi du chasseur de mines belge dans le détroit d'Ormuz. C'est ce qu'a déclaré l'amiral Tanguy Botman, commandant de la Marine nationale belge, mardi soir sur le plateau de l'émission Terzake (VRT). Notre pays ne participera à l'opération de sécurité dans le détroit qu'une fois plusieurs conditions importantes remplies. En attendant, le chasseur de mines belge est prêt à quitter la mer Méditerranée.
Le chasseur de mines belge Primula est prêt à intervenir dans le détroit d'Ormuz, mais attend une décision politique
Si l'accord de principe entre les États-Unis et l'Iran est signé vendredi, le détroit d'Ormuz rouvrira à la navigation également. Mais avant cela, une importante opération de sécurité est nécessaire.
La Belgique peut jouer un rôle majeur dans cette opération. Notre pays jouit d'une solide réputation dans le domaine de la lutte contre les mines. L'un des deux chasseurs de mines, le Primula, est d'ailleurs déjà prêt en mer Méditerranée à faire route vers le détroit d'Ormuz.
Pour le moment, nous attendons toujours une décision du gouvernement fédéral. Ce dernier a posé plusieurs conditions pour une intervention dans le détroit, conditions qui semblent presque réunies. "Nous sommes prêts à aider", déclarait lundi le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, sur le réseau social X.
"Nous sommes prêts à envoyer notre chasseur de mines, mais nous devons d'abord attendre que des accords soient conclus au sein de la Coalition des volontaires concernant la répartition des rôles", a déclaré le ministre de la Défense, Théo Francken. Ce n'est qu'ensuite que la question sera soumise au conseil des ministres et au Parlement. "La Belgique peut également proposer d'autres services maritimes", a ajouté le ministre Francken.
Néanmoins, aucune décision n'a encore été prise. L'amiral Tanguy Botman, commandant de la Marine belge, l'a confirmé sur le plateau de Terzake. "Ces conditions sont très importantes. Il s'agit d'un cessez-le-feu permanent et d’un mandat international. Pour l'instant, ce n'est pas le cas".
Que peut proposer la Belgique?
Pourquoi le chasseur de mines a-t-il alors déjà été envoyé en Méditerranée ? "Nous avons décidé de positionner le navire en prévision d'un éventuel déploiement dans le détroit." Mais il y a d'autres raisons. "Le Primula est là pour des exercices avec d'autres navires de l’Otan afin de perfectionner l'expertise de notre équipage."
Pour le moment, il est probable qu'un seul chasseur de mines restera déployé en cas de besoin. "Toutefois, d'autres moyens pourraient être mobilisés à la suite d’une décision politique." Et cela ne concerne pas uniquement les chasseurs de mines. "Nous disposons également de drones portables, positionnés par avion, pour détecter les mines, qui peuvent ensuite être neutralisées par des plongeurs. Nous avons aussi des officiers qui peuvent être déployés et, éventuellement, une frégate cet automne."
L’amiral Botman souligne également que la Marine belge ne participera à une opération de sécurité que dans le cadre d'une large coopération. Et c'est indispensable. "Le Primula est un petit navire qui détecte et neutralise les mines, mais il ne possède pas de capacités d'autodéfense."
Si le Primula est déployé au sein d'une coalition avec l'Union européenne ou l'OTAN, il peut être protégé par d'autres frégates dotées de capacités d'autodéfense.
Est-ce une mission dangereuse?
On ignore également s'il y a réellement des mines marines dans le détroit d'Ormuz. "Il n'y a effectivement aucune certitude pour l'instant, mais nous avons entendu dire qu'il y en aurait. Il serait toutefois intéressant de se rendre sur place avec un chasseur de mines pour rassurer la population et confirmer leur absence."
Est-il alors responsable de se rendre dans une région instable sans avoir la certitude de la présence de mines marines ? "Une mission militaire est toujours dangereuse", souligne Tanguy Botman. C'est pourquoi il est également important de lancer l'opération avec une large coalition et que ces deux conditions soient réunies.
"Il ne s'agit pas d'une décision prise à l'instinct, mais sur la base d'une analyse des risques. Et avec ces deux conditions, le risque est pleinement acceptable."


